Une entame manquée à Stellenbosch
Le coup d’envoi de la phase de poules n’a pas souri à l’AS Otohô. Au Danie Craven Stadium, les Congolais ont dominé la possession, mais un contre meurtrier à la 93e minute a offert la victoire 1-0 aux Sud-Africains de Stellenbosch.
Otohô savait qu’un nul à l’extérieur poserait des bases solides, mais la reprise mal négociée dans les arrêts de jeu a bouleversé le plan du coach Anicet Mabiala. Le vestiaire a accusé le coup, conscient qu’il faudra compenser immédiatement ce retard.
Le rendez-vous crucial du 29 novembre
Le calendrier laisse peu de temps pour douter. Le 29 novembre, le stade Alphonse-Massamba-Débat devient l’épicentre de toutes les attentes. En face, le CR Belouizdad arrive auréolé d’un succès 2-0 contre Singuida Black Stars et occupe déjà la tête du groupe C.
Trois points séparent déjà Congolais et Algériens. Une victoire locale rééquilibrerait instantanément la poule ; une contre-performance, au contraire, placerait Otohô dans une situation arithmétique précaire avant le déplacement de janvier en Tanzanie. La pression monte, mais l’équipe affirme l’assumer.
La stratégie de l’entraîneur Anicet Mabiala
Face aux médias, Mabiala a insisté sur l’importance de « rester fidèles à nos principes de jeu offensif tout en serrant les lignes dans les cinq dernières minutes ». Le technicien promet un bloc plus compact, sollicitant davantage l’expérience du capitaine Barel Mouko dans les cages.
En attaque, le duo Prince Onana – Sylvain Gbakou sera reconduit. Les séances d’entraînement de cette semaine ont mis l’accent sur la transition rapide, avec des ateliers répétés de trois-passes-tir destinés à surprendre la défense algérienne réputée solide dans l’axe.
Les clés tactiques face au CR Belouizdad
Belouizdad s’appuie sur un 4-3-3 fluide où l’ailier Mohamed Belkhir aime rentrer sur son pied gauche. Otohô devra couper les lignes de passes vers lui. Le staff prépare un marquage mixte combinant pressing latéral et couverture de l’arrière latéral Sagesse Bileko.
Autre paramètre, la gestion des coups de pied arrêtés. Les Algériens ont marqué huit fois sur corner depuis août. Le préparateur physique Jacques Abena a rallongé les séances dédiées au placement zonal pour éviter les déviations au premier poteau, point fort adverse.
Scénario possible dans le groupe C
Si Otohô gagne et que Stellenbosch l’emporte en Tanzanie, les quatre équipes se retrouveraient à égalité de points, relançant totalement la bataille. Un nul congolais ouvrirait, lui, une échappée algéro-sud-africaine difficile à combler dans un format aller-retour très court.
Le staff statistique du club martèle que dix points suffisent en moyenne pour atteindre les quarts. Avec zéro unité au compteur, Otohô doit engranger trois victoires sur les cinq rendez-vous restants ; conquérir son antre brazzavillois paraît donc non négociable.
Engouement des supporters à Brazzaville
Les gradins du Massamba-Débat devraient frôler le plein. La billetterie en ligne ouverte lundi a enregistré douze mille clics en deux heures. Sur TikTok, le hashtag #OtohoChallenge invite les fans à poster leurs plus beaux maillots bleus avant de rallier le boulevard Denis-Sassou-Nguesso.
Le maire de Brazzaville, Dieudonné Bantsimba, a salué « l’élan populaire qui unit sport et cohésion sociale ». Des bus supplémentaires sont affrétés depuis Talangaï et Poto-Poto pour fluidifier l’accès. Les commerçants anticipent un pic d’activité, signe que la ville vibre déjà football.
Autres résultats et leçon pour Otohô
Ailleurs dans la compétition, l’USM Alger a dominé San Pedro 3-2, tandis que le WAC n’a laissé aucune chance à Nairobi United, 3-0. Ces succès rappellent qu’un favori détendu est souvent dangereux ; Otohô devra afficher la même rigueur que ces cadors.
Le Zamalek et Al Masry ont aussi brillé, prouvant l’importance de capitaliser sur les matches à domicile. « Il n’y a plus de petite équipe », glisse l’analyste sportif Thierry Magassa. « Chaque faute se paye cash ; Otohô doit jouer comme une finale. »
Objectif quart de finale et fierté nationale
Au-delà du club, l’enjeu dépasse les frontières d’Oyo. Une qualification au printemps porterait haut les couleurs du Congo-Brazzaville, déjà fière des prestations des Diables Rouges. Le ministère des Sports assure son soutien logistique et encourage la jeunesse à remplir les tribunes.
Pour le défenseur central Jules Ondongo, formé au quartier Makékélé, « jouer à la maison est un privilège, pas un fardeau ». Ses mots résonnent dans la capitale, où l’on espère que le 29 novembre marquera le vrai départ d’une campagne historique.
