Brazzaville au cœur des décisions Uniffac
Le 5 décembre, la capitale congolaise a accueilli l’assemblée générale ordinaire de l’Union des fédérations de football d’Afrique centrale, plus connue sous l’acronyme Uniffac. Dans une atmosphère studieuse, les huit associations membres ont validé un programme ambitieux pour 2024.
Président réélu en début d’année, Jean Guy Blaise Mayolas a résumé l’enjeu : offrir à la jeunesse un calendrier clair. « Ces compétitions deviennent de véritables viviers de talents », a-t-il rappelé, soulignant la responsabilité de la zone dans le développement du football de base.
Report des tournois U17 confirmés
La décision la plus commentée concerne le report des tournois U-17 garçons et filles. Prévue initialement cette année, la double compétition aura finalement lieu en 2024, à Kinshasa pour la Fatsi Cup et pour les éliminatoires sous-régionaux, afin de garantir une organisation optimale.
Selon les délégués, plusieurs fédérations n’avaient pas encore finalisé les visas médicaux et logistiques de leurs sélections. Reporter trois à quatre mois permet d’aligner davantage d’équipes, mais aussi de laisser la Commission médicale régionale certifier les âges avec la technologie IRM, désormais exigée par la CAF.
Un futur siège flambant neuf à Libreville
Autre dossier phare : la construction du siège administratif de l’Uniffac à Libreville. Signé avec le gouvernement gabonais, l’accord est présenté comme un tournant. Les études techniques sont achevées à plus de 80 %, et un architecte international supervisera les travaux dès le premier trimestre 2024.
« À terme, nous disposerons d’un espace de travail digne qui renforcera notre identité », s’est réjoui Mayolas devant l’assemblée. Ce bâtiment, prévu sur trois niveaux, comprendra des salles de visioconférence, un mini-musée des légendes régionales et un centre d’analyse vidéo réservé aux sélections jeunes.
Formation et gouvernance, la double priorité
Tout au long de l’année, l’Union a multiplié stages et séminaires pour arbitres, préparateurs physiques et administrateurs. La CAF a salué cette dynamique, rappelant que l’expertise locale réduit les frais de déplacement des clubs et facilite l’organisation de matches amicaux inter-pays.
Un manuel de gouvernance interne, adopté à Brazzaville, définit désormais la rotation automatique des tournois, la présentation semestrielle des budgets et l’obligation de publication des rapports d’audit. « La transparence est notre meilleur défenseur », a lancé le trésorier sortant, convaincu d’attirer ainsi de nouveaux sponsors.
La CAF et la Fifa main dans la main
Venue spécialement du Caire, Sarah Mukuna, directrice des associations membres, a rappelé le soutien « inconditionnel » de la CAF. Elle a promis un accompagnement technique pour la digitalisation des licences U-15 et la mise à disposition d’équipement VAR lors des demi-finales des compétitions régionales.
La Fifa, représentée par Franciny Samba, a confirmé un programme de subvention axé sur la médecine sportive et la sauvegarde des données biométriques des jeunes joueurs. « Nous voulons que la zone devienne un modèle de protection des talents », a-t-il souligné, saluant l’esprit d’équipe affiché.
Perspectives 2024 : cap sur la jeunesse
Au-delà des tournois U-17, l’Uniffac prévoit d’élargir la Fatsi Cup aux féminines U-20 afin de préparer les qualifications olympiques de 2025. Des discussions avancées existent déjà avec Pointe-Noire et Malabo pour accueillir, en alternance, les phases finales.
Le calendrier intègre également un camp d’élite pour entraîneurs à Douala, sponsorisé par une firme de téléphonie mobile. Objectif : partager les outils d’analyse tactique par drone, technologie testée lors du dernier Championnat d’Afrique scolaire et jugée « révolutionnaire » par plusieurs techniciens.
Brazzaville, hub sportif régional
En choisissant Brazzaville pour cette session, l’Uniffac a envoyé un signal fort. La ville, qui a abrité les Jeux Africains de 1965 et de 2015, dispose d’une expertise prouvée dans l’accueil d’événements majeurs et d’infrastructures modernisées, dont le stade Alphonse-Massamba-Débat récemment rénové.
Le ministère congolais des Sports a d’ailleurs mis à disposition le centre de conférences de Kintélé et une flotte de bus climatisés pour les délégations. Une collaboration saluée par les participants, convaincus que l’environnement stable de la capitale facilite la prise de décisions collectives sereines.
Les voix des acteurs du terrain
Pour Serge Makaya, sélectionneur U-17 du Cameroun, « le report est une bonne nouvelle ». Il estime que deux mois supplémentaires aideront à affiner la préparation physique et à boucler les formalités de passeport de jeunes issus de zones rurales souvent éloignées des capitales.
Même enthousiasme chez Ruth Badila, capitaine des Diables Rouges U-20 féminins, venue assister aux débats. « Voir toutes les fédés miser sur les filles, ça motive », confie-t-elle. Elle espère un calendrier centralisé qui permettra à ses camarades étudiantes de planifier révisions et compétitions sans stress.
Avec des objectifs clairement fixés, l’Uniffac clôture l’année sur des notes d’espoir partagées. Entre gouvernance modernisée, investissements immobiliers et soutien affirmé des instances mondiales, la sous-région s’offre un terrain de jeu à la hauteur de ses ambitions et, surtout, de ses jeunes pousses.
Innovation numérique et audience connectée
Pour capter la génération smartphone, l’Uniffac va lancer en mars une application mobile unique intégrant statistiques, billets électroniques et streaming en direct des matches U-17. Le projet, développé par une start-up de Pointe-Noire, vise un million de téléchargements lors de la première saison complète.
