Des pelouses d’Europe au cœur du Congo
Des pelouses vibrantes de la Ligue des champions aux stades plus intimes de la troisième division anglaise, la semaine européenne a offert une belle vitrine aux footballeurs congolais et binationaux. Coup d’œil sur ces performances qui attisent déjà les débats sur WhatsApp.
Ligue des champions : Bakola frappe fort
Titularisé mardi au Vélodrome, Darryl Bakola, 17 ans, a découvert la scène reine face à Newcastle. Le milieu formé à l’OM, né à Clichy de parents brazzavillois, a commencé sans complexe, alternant récupération énergique et passes claires dans un stade chauffé à blanc.
Le frisson est monté à la 36e minute quand il a filé plein axe. Au lieu d’armer son tir, le « Minot » s’est laissé tomber, espérant un penalty. L’arbitre a immédiatement sorti le jaune pour simulation, rappel brutal des exigences au plus haut niveau.
Loin de se cacher, Bakola a répondu après la pause. Dès la reprise, il repère la course d’Aubameyang depuis sa moitié de terrain et le sert d’une passe tendue. Le Gabonais exploite la sortie hésitante de Pope et égalise, libérant le banc phocéen.
Encore précieux sur deux ouvertures pour Paixao puis Weah, le jeune international U18 français a quitté la pelouse à la 62e sous l’ovation du Vélodrome. Statistiques finales : 88 % de passes réussies, trois duels gagnés, trois fautes obtenues et surtout une passe décisive.
Une prestation saluée à Marseille
« Il nous a apporté de la verticalité », a salué l’entraîneur Gennaro Gattuso en conférence d’après-match. Les réseaux ont aussitôt compilé ses actions, certains supporters l’imaginant déjà en sélection congolaise. Lui garde la tête froide et martèle vouloir d’abord s’installer durablement à l’OM.
Le quotidien La Provence évoque un staff enchanté par sa maturité tandis que RMC détaille un programme individualisé pour renforcer sa caisse musculaire. De quoi nourrir les espoirs des Diables rouges, toujours à l’affût de profils créatifs capables de casser les lignes.
Youth League : Samba ajoute sa touche
Si les grands ont vibré, les U19 n’étaient pas en reste. Manchester City a déroulé face au Bayer Leverkusen, 6-0, sous un crachin discret du nord de l’Angleterre. Entré à la 58e, Floyd Samba s’est offert le but du 5-0 d’une frappe limpide.
Positionné ailier droit, l’ancien pensionnaire de l’académie Jukki Sport de Pointe-Noire a profité d’un centre en retrait pour ajuster le gardien. Ses coéquipiers l’ont chambré en miment le « Mbokani dance » célébrée à Kinshasa, clin d’œil à ses racines congolaises.
Avec trois réalisations en cinq journées, Samba figure désormais dans le top 10 des buteurs de la Youth League. Le staff citizen souligne sa vitesse balle au pied et sa bonne lecture tactique, des atouts qui pourraient le propulser bientôt aux entraînements avec l’équipe réserve.
Perspective pour la sélection U20
Côté Fédération congolaise, on suit ses performances avec attention. Un membre de la cellule de recrutement affirme « ne pas vouloir laisser filer un profil aussi complet ». Les éliminatoires U20 de la CAN 2025 approchent et la présence d’un finisseur excentré est jugée primordiale.
Angleterre : Makosso de retour dans le groupe
À Kenilworth Road, Luton Town a dominé Huddersfield 2-1 lors de la 12e journée de League One. Christ Makosso, remis d’une alerte aux ischios, figurait sur le banc. L’international congolais n’est pas entré, mais son retour rassure un staff en manque d’options défensives.
Le manager Rob Edwards souligne qu’« il devrait reprendre du rythme en coupe mardi ». Avant sa blessure, Makosso disputait 84 % des minutes possibles, se distinguant par son jeu aérien et ses relances courtes, un profil précieux pour un club qui vise les play-offs.
À seulement 22 ans, le défenseur formé à Diables Noirs rêve d’un premier appel chez les A congolais. Sa présence régulière dans l’environnement pro anglais renforce sa candidature, surtout avec l’accent mis par le sélectionneur sur la compétitivité à l’étranger.
Quels enseignements pour les Diables rouges ?
Les progrès de Bakola, Samba et Makosso confirment la bonne santé de la diaspora. Dans un récent entretien, le technicien belge Paul Put évoquait l’importance de « doubler chaque poste par un joueur local et un expatrié », stratégie déjà adoptée par plusieurs sélections africaines.
En vue des qualifications du Mondial 2026, le Congo affrontera la Zambie puis le Niger. Le staff espère compter sur le maximum de joueurs compétitifs. Les performances exposées cette semaine offrent des options variées entre créativité, percussion sur aile et solidité défensive.
À Brazzaville, les supporters commentent déjà sur Instagram les potentielles associations. Certains imaginent Bakola relayeur derrière Merveil Ndockyt, d’autres veulent Samba dynamiteur côté droit. La discussion promet d’animer les rues de Poto-Poto jusqu’aux terrasses de Pointe-Noire.
Une chose est sûre : la diaspora congolaise continue d’écrire de belles histoires sur les pelouses européennes. Ces réussites, conjuguées aux efforts de formation locaux, nourrissent l’optimisme des fans et rappellent que le football reste un puissant vecteur d’unité et de fierté nationale.
