Explosion de tirs au gymnase Michel d’Ornano
Le dernier tir à la sirène a propulsé le public du gymnase Michel d’Ornano dans un rugissement de joie. Du 12 au 22 décembre 2025, la capitale a vécu dix jours de handball effréné sous la bannière « l’amitié par le handball ».
Organisé par la dynamique « Le réveil du handball congolais », le Tournoi national de cohésion et de fraternité réunissait 43 équipes séniors, dames et messieurs confondus. Arènes pleines, story Instagram enflammées, supporters venus de tous les quartiers : Brazzaville a renoué avec ses soirées sportives bouillonnantes.
Une compétition XXL aux accents régionaux
Venus d’Oyo, Pointe-Noire, Dolisie, Nkayi, Madingou, Loutété ou encore Ouesso, les clubs congolais ont croisé le fer avec des voisins de Kinshasa et Lubumbashi. Le gymnase Maxime Matsima s’est ainsi transformé en carrefour d’accents, de tambours et de chants mêlés.
La formule revisitée, inspirée des tournois scolaires, a offert 108 rencontres, toutes diffusées en streaming mobile par des influenceurs. « Le but est de remettre le handball dans les stories des jeunes », expliquait la coordinatrice Christelle Colombe Bouaka Milandou.
Chaque équipe, même battue, repartait avec une enveloppe d’un million de F CFA, doublée pour les clubs de Kinshasa et triplée pour le Tout-Puissant Mazembé. Un geste salué par les coaches, lesquels insistaient sur la nécessité de soutenir la logistique et la nutrition sportive.
Grain de sel et BMC au firmament
Côté parquet, la surprise est venue des dames de Grain de sel. Face aux expérimentées DGSP, elles ont imposé une défense haute et un jeu de transition éclair pour l’emporter 23-16. La capitaine Aline Mouandza savourait « un retour au sommet que personne n’attendait ».
Chez les hommes, BMC a renversé le C.F.J.S.O 27-20 dans une finale musclée. L’arrière droit Junior Mabiala, auteur de neuf buts, a été élu MVP. « On jouait pour tout Moukondo », lâchait-il, brandissant le trophée sous une pluie de confettis rouges.
Le podium dames se complète avec CFJSO et ASIC Brazzaville, tandis que chez les hommes DGSP, JSK Kinshasa et Pétro Sport montent. Les formations reçoivent trophées, médailles, ballons neufs et enveloppes, signe d’un circuit local décidé à professionnaliser ses stars.
Le corps arbitral n’a pas été oublié : écrans plasma 32 pouces et kits d’entraînement leur ont été remis, remis par l’expert international Chérubin Nkodia. Un clin d’œil destiné à encourager les sifflets à continuer de se former, gage de matches plus fluides.
Fair-play, primes et solidarités
Au-delà du score, l’esprit de fair-play régnait. Pigeon-Vert de Loutété, Sangha-Sport de Ouesso et le Tout-Puissant Mazembé repartent chacun avec le trophée du fair-play et cinq ballons complémentaires. Les supporters ont applaudi ces distinctions, rappelant qu’« on gagne d’abord en respect ».
Sur les tribunes, bénévoles et secouristes du Croissant-Rouge ont assuré plus de 600 collations gratuites pour éviter les coups de chaud. L’initiative, financée par des donateurs anonymes, témoigne d’un esprit solidaire que le sport congolais entend cultiver au-delà du terrain.
La Dynamique organisatrice a aussi offert un salon de bureau en cuir à l’ASIC, club dont la salle annexe a hébergé plusieurs séances d’entraînement. Ce geste, en apparence, renforce la coopération entre clubs et rappelle l’importance des infrastructures dans la formation.
Brazzaville vibrait, Pointe-Noire se prépare
Clôturant l’événement, Christelle Colombe Bouaka Milandou a remercié le général de brigade Serge Oboa pour son soutien constant. Dans la salle, influenceurs et journalistes ont déjà noté la prochaine étape : février 2026 à Pointe-Noire pour un nouveau chapitre de cette renaissance.
« Le handball a besoin de respirer l’air marin pour séduire d’autres talents », glissait la technicienne, annonçant des animations sur la plage, des ateliers TikTok et un partenariat avec des radios urbaines. Objectif : roder les équipes nationales aux conditions de tournoi avant les échéances africaines.
D’ores et déjà, plusieurs clubs de Libreville et de Luanda ont manifesté leur intérêt. Brazzaville rêve ainsi de bâtir une ligue régionale capable de retenir la jeunesse dans les gymnases et de dynamiser l’économie locale des événements sportifs.
Les commerçants du quartier Poto-Poto se frottent les mains : buvettes, stands de tee-shirts et mototaxis ont vu leur chiffre d’affaires grimper. « Le sport, c’est aussi de l’emploi », résume Jonas, vendeur de brochettes présent chaque soir à l’entrée.
Pour les supporters, le tournoi reste surtout un moment d’évasion. Entre chorégraphies improvisées et vidéos virales, les gradins ont prouvé que le handball pouvait rivaliser avec le football dans le cœur des Congolais. Reste à convertir cet engouement en programmes réguliers dans les écoles.
En attendant Pointe-Noire, les champions de Grain de sel et BMC reprennent l’entraînement. Les réseaux sociaux bruissent déjà de dates d’exhibitions. Un vent nouveau souffle sur le handball national, porté par la passion de ses acteurs et le soutien renouvelé des autorités.
