Décembre, la culture afro en effervescence
Des rives du Congo aux rues embouteillées de Lagos, décembre 2025 allume les projecteurs sur une Afrique créative qui n’attend que les stories et les reels pour rayonner bien au-delà du continent.
Festivals de films, galas prestigieux, concerts XXL et sorties de séries s’enchaînent entre le 12 et le 19, offrant aux mélomanes congolais un menu pop-culture aussi riche qu’une playlist afrobeats.
Le festival L’Afrique fait son cinéma illumine Paris
À Ivry-sur-Seine, l’école EICAR accueille jusqu’au 20 décembre la septième édition de L’Afrique fait son cinéma, avec soixante-cinq films en compétition venus de 34 pays, un vrai marathon pour binge-watchers engagés.
La projection d’ouverture, Muganga – Celui qui soigne, rend hommage au docteur Denis Mukwege, prix Nobel de la paix, et donne le ton : résilience, humanité et puissance visuelle.
Au-delà des écrans, un marché du film afro-caribéen, des masterclasses et un défi Kino-AI lient networking et créativité, preuve que la tech colore désormais le 7ᵉ art.
Lagos en pleine fièvre Detty December
À Lagos, le fameux Detty December transforme la mégalopole en discothèque géante : hôtels complets, billets à 180 euros et un boom économique estimé à 70 millions de dollars par les autorités.
Davido, Asake, BNXN ou Bella Shmurda réservent leurs shows homecoming pour ce moment béni où la diaspora, les influenceurs et les touristes s’abandonnent aux rythmes qui font trembler Victoria Island et Lekki.
Plus qu’une fête, Detty December est un branding identitaire, décrit par la ministre nigériane de la Culture comme « la fenêtre touristique la plus importante » pour exposer l’afrobeats au monde.
La municipalité prévoit même un programme pilote « 101 jours à Lagos », mêlant expo, food-fest et gaming, signe que la culture devient un levier permanent bien au-delà de la saison de Noël traditionnelle.
Pointe-Noire déroule le tapis rouge du Gala des Étoiles
Pendant ce temps, Pointe-Noire endosse ses habits de lumière pour le Gala des Étoiles, organisé du 12 au 14 décembre par Glocal Unity dans le cadre cosy de l’Hôtel Le Ruisseau.
Entre panels, remises de prix et expositions, l’événement réunit entrepreneurs, artistes et décideurs venus célébrer la réussite africaine et imaginer des collaborations qui profiteront à l’économie bleue congolaise.
Choisir la capitale océane montre la volonté de décentraliser la vitrine du continent, tout en soulignant le rôle stratégique de la ville dans les échanges maritimes et culturels régionaux.
Des start-ups congolaises de la green-tech exposeront leurs prototypes, prouvant que le Gala se veut autant vitrine culturelle qu’incubateur concret pour diversifier l’économie hors pétrole au service d’un avenir durable et local.
Accra scande le rap du Beyond Kontrol Concert
Accra n’est pas en reste : le 13 décembre, le rappeur Medikal investit l’Accra Sports Stadium pour un Beyond Kontrol Concert annoncé devant plus de 40 000 fans.
Scénographie XXL, pyrotechnie et invités surprises doivent faire de la soirée le couronnement d’un Detty December ghanéen où le hip-hop côtoie les sonorités highlife et l’afrobeats maison.
Pour la diaspora, l’événement symbolise un retour aux sources festif, tandis que les jeunes créateurs voient dans ce show une vitrine mondiale pour leurs contenus TikTok et Reels.
Burna Boy fait vibrer Newark, Montréal, Toronto
Burna Boy boucle l’année avec cinq arènes nord-américaines complètes, de Newark au Scotiabank Arena de Toronto, dans le cadre de sa tournée No Sign of Weakness.
Chaque date incarne la percée globale de l’afrofusion : chorégraphies millimétrées, messages identitaires et ambiance chorale où la diaspora rencontre un public curieux de nouvelles vibes.
Le final intimiste au REBEL de Toronto, version afterparty, promet une communion plus proche, parfait clin d’œil au lien organique que l’artiste entretient avec ses fans.
Selon le magazine Billboard, les cinq dates nord-américaines affichaient complet en moins de 48 heures, chiffre qui confirme l’attractivité commerciale d’un genre longtemps ignoré des majors occidentales et désormais streamé par milliards d’utilisateurs.
The Covenant promet un thriller familial sur Netflix
Le 12 décembre, Netflix Afrique lance The Covenant, série nigériane de Dimeji Ajibola qui dissèque l’éclatement d’une famille après un enlèvement, portée par Gideon Okeke et Sola Sobowale.
Thriller tendu, réalisation soignée et narration en flashbacks promettent une binge-session idéale pour les soirées pluvieuses, tout en ancrant Nollywood sur la carte du streaming mondial.
La portée sociale est évidente : la série aborde insécurité et résilience au Nigeria, mais parle aussi universellement de secrets de famille et de quête de rédemption.
Tournée à Lagos et Abuja, la production a mobilisé plus de 300 techniciens locaux, renforçant un secteur audiovisuel qui ambitionne 1 million d’emplois créatifs d’ici 2030 selon le ministère nigérian de la Culture.
Cape Town célèbre l’art subversif de Steven Cohen
Cap au sud : l’Iziko South African National Gallery accueille Long Life, rétrospective XXL consacrée à Steven Cohen, performer iconique qui secoue l’art contemporain depuis quatre décennies.
Costumes-sculptures baroques, vidéos choc et archives inédites invitent le public à questionner identité, mémoire et sexualité dans un parcours imaginé par la commissaire Anthea Buys.
Ateliers, rencontres et visites guidées se succéderont jusqu’en juin 2026 ; une belle occasion pour les voyageurs congolais de prolonger l’été austral en mode arty.
