L’esprit de Noël gagne Maloukou
À Maloukou, petite localité située à quarante-cinq kilomètres de Brazzaville, la magie de Noël s’est invitée avant l’heure. Un camion rempli de ballons, poupées et jeux de société a fait irruption, porté par l’association Mibelle Honoré Mireille Niombela et son équipe de bénévoles.
En tendant les paquets, les volontaires ont rappelé aux enfants qu’ils restent pleinement membres de la communauté congolaise, malgré les difficultés économiques qui frappent certaines familles rurales. Les sourires, éclats de rire et applaudissements ont résonné jusque tard dans l’après-midi, faisant oublier quelques instants la précarité.
Une démarche porteuse d’espoir
À la tête de l’initiative, Mibelle Lurlène Okollo Olyba n’a cessé de marteler son message : « Nous sommes ensemble ». Pour la fondatrice, ce slogan simple rappelle l’interdépendance et la solidarité, valeurs clefs qui cimentent la cohésion nationale prônée par les autorités.
Elle confie que sa motivation première était de montrer à chaque enfant qu’aucune distance, géographique ou sociale, ne l’exclut du grand récit congolais. Cet engagement résonne avec les nombreuses campagnes officielles visant à renforcer l’inclusion et la protection de la petite enfance.
Les coulisses du porte-à-porte solidaire
Identifier les bénéficiaires a demandé un travail patient. Munis de cahiers, les bénévoles ont frappé aux portes, discuté avec les chefs de quartier, évalué le niveau de vulnérabilité des familles. Cette immersion a permis de dresser un portrait fidèle des réalités sociales de Maloukou.
Le choix des jouets n’a pas été laissé au hasard. Ballons pour favoriser le jeu collectif, poupées inspirant l’empathie, petites voitures stimulant l’imagination : chaque objet a été sélectionné afin de répondre à un besoin affectif ou pédagogique identifié lors des visites domiciliaires.
Mibelle, un héritage au service des autres
Derrière la distribution, il y a l’histoire d’une promesse filiale. En septembre 2019, Mibelle Lurlène créait l’association pour honorer sa mère, Honoré Mireille Niombela, femme connue pour avoir accueilli orphelins et démunis dans son foyer de Brazzaville des décennies durant.
« C’est un hommage quotidien », sourit-elle. La jeune femme raconte que, dans son enfance, la maison familiale ne manquait jamais de repas partagés avec des voisins défavorisés. Ces souvenirs nourrissent aujourd’hui son énergie, soutenue par une vingtaine de bénévoles majoritairement issus de la diaspora revenue au pays.
Des jouets, mais aussi des projets durables
L’association voit plus loin que la réjouissance saisonnière. Elle peaufine la création d’une fondation dédiée à la construction d’écoles et d’orphelinats. La priorité affichée : offrir un accès stable à l’éducation, vecteur essentiel de développement soutenu par les politiques publiques nationales.
Parallèlement, un programme d’autonomisation des mères célibataires est en gestation. Microcrédits, ateliers de couture, cours de gestion budgétaire figurent parmi les pistes évoquées lors des réunions préparatoires. « Soutenir une maman, c’est sécuriser le futur de ses enfants », insiste Mibelle, rappelant son attachement à l’égalité des chances.
La dynamique associative s’inscrit dans la vision gouvernementale d’un Congo plus résilient, misant sur l’implication citoyenne pour consolider les filets sociaux. Plusieurs cadres locaux saluent l’initiative, estimant qu’elle complète utilement les programmes publics et contribue à la paix sociale en zones rurales.
Comment participer à la chaîne de solidarité
Concrètement, l’association reçoit des dons financiers via des plateformes mobiles, mais aussi des contributions matérielles : jouets en bon état, fournitures scolaires, sacs de riz. Chaque remise est enregistrée, puis livrée sur le terrain par des relais communautaires formés aux principes de transparence.
Les jeunes de Maloukou, galvanisés, se mobilisent désormais pour identifier d’autres enfants isolés. De simples messages WhatsApp suffisent à déclencher l’envoi d’une équipe. Cette réactivité illustre la capacité du numérique à rapprocher villes et campagnes, enjeu majeur pour la transformation sociale du pays.
Afin d’amplifier le mouvement, Mibelle Lurlène prévoit un concert caritatif à Brazzaville au premier trimestre prochain. Artistes locaux, influenceurs et partenaires institutionnels seront invités à monter sur scène pour collecter des fonds, mais aussi pour valoriser les initiatives citoyennes porteuses de changement.
La communauté congolaise de la diaspora, particulièrement active sur Instagram, relaie déjà l’appel via des challenges photos arborant le hashtag #UnJouetUnSourire. Les partages se multiplient et dépassent les frontières, offrant à Maloukou une visibilité inédite et créant un sentiment d’appartenance collective.
Une fête qui unit la nation
Maloukou se découvre donc comme laboratoire d’un nouvel élan solidaire, à mi-chemin entre tradition de générosité et innovation numérique. Au-delà des cadeaux, la vraie réussite réside dans la conviction partagée que chaque citoyen peut devenir acteur d’un avenir plus inclusif.
À l’heure où les préparatifs des fêtes battent leur plein, l’association rappelle que la magie de Noël ne se limite ni aux guirlandes ni aux marchés illuminés. Elle vit surtout dans les gestes solidaires qui renforcent l’unité nationale et la confiance entre générations.
Et si un simple ballon ou une poupée pouvait, le temps d’un sourire, ouvrir la voie à de grandes ambitions ? C’est le pari de Mibelle et de tous ceux qui, à Maloukou et ailleurs, choisissent de placer la solidarité au cœur de la fête.
