Novembre bleu à Brazzaville : prévention du diabète
Casquettes vissées, tee-shirts bleus et sourire large, les collaborateurs de Burotop Iris se sont réunis le 22 novembre dans la cour centrale de la société, à Brazzaville, pour une journée spéciale placée sous le signe de Novembre bleu.
Objectif affiché : sensibiliser chaque employé aux risques liés au diabète et rappeler qu’un diagnostic précoce conjugué à des habitudes de vie saines peut éviter bien des complications, dans un pays où les maladies non transmissibles progressent silencieusement.
La journée, orchestrée par la Fondation Burotop Iris, s’inscrit dans un calendrier RSE déjà dense, entre dons de matériel scolaire et opérations plage propre, preuve que la santé du capital humain reste au cœur de la stratégie du groupe.
Pour l’occasion, l’association Marcher Courir pour la Cause a dépêché le coach santé Karl Bivoukananou, stéthoscope d’un côté, anecdotes de l’autre, afin de décrypter le diabète et, surtout, de transformer la théorie médicale en déclic collectif durable.
Signes avant-coureurs à surveiller
Premier message martelé : connaître les signaux que le corps envoie avant que le glucose ne flambe. Soif persistante, faim tenace, mictions répétées, fatigue sans cause apparente ou blessures qui tardent à cicatriser constituent, selon Karl, autant de clignotants rouges.
Il met également en garde contre les infections urinaires à répétition, souvent ignorées faute de douleur aiguë, mais qui peuvent trahir un déséquilibre glycémique installé. Un simple test capillaire suffit pourtant à lever le doute et coûte moins cher qu’une journée d’arrêt de travail.
Le spécialiste insiste sur la double responsabilité employé-employeur : se faire dépister une fois l’an et offrir cet accès au sein même des locaux favorisent une culture de la prévention, facteur clé de performance durable.
À l’échelle nationale, le ministère de la Santé encourage déjà les entreprises à intégrer des modules de dépistage dans les visites médicales annuelles, un dispositif salué par les intervenants comme moteur d’un écosystème professionnel plus sûr.
Objectif zéro sucre au bureau
L’annonce qui a fait le buzz en open space porte un nom accrocheur : journée zéro sucre. L’idée, soufflée par l’agent Ravilem Mokas Mokas Ndossa, propose de bannir sodas et friandises durant 24 heures, histoire de rappeler que la gourmandise peut se conjuguer au futur conditionnel.
Entre deux dossiers, les équipes envisagent déjà de troquer l’ascenseur contre les escaliers et de lancer une session collective de gainage post-réunion, smartphone en main pour partager la performance sur TikTok et inspirer d’autres entreprises de la capitale.
Dans le hall, un bar à fruits éphémère a remplacé l’habituel distributeur de chocolat, preuve que l’on peut glisser une dose de vitamines dans la journée sans plomber le budget calorique.
Un challenge interne « 10 000 pas avant 15 h » devrait voir le jour dès la semaine prochaine, avec classement en temps réel sur l’intranet, trophée virtuel et applaudissements au gong de la productivité quotidienne.
Impact économique pour l’entreprise
Au-delà du fun, la fondation rappelle qu’un salarié en bonne santé coûte moins cher qu’une courbe d’absentéisme ascendante et qu’une glycémie maitrisée vaut toutes les assurances du monde, selon les estimations, chaque crise hypoglycémique non anticipée représente plusieurs heures de productivité perdues.
Karl Bivoukananou rappelle ainsi que les complications du diabète, du pied ulcéré aux troubles visuels, engendrent souvent des arrêts à rallonge, impactant la chaine de valeur de l’entreprise aussi sûrement qu’une panne de serveurs centrale.
En investissant dans la prévention, Burotop Iris espère réduire les dépenses médicales indirectes, préserver l’expertise de ses collaborateurs et consolider sa réputation d’employeur responsable auprès des jeunes diplômés congolais.
Cette approche s’inscrit dans la dynamique impulsée par le Plan national santé 2022-2026, qui encourage les partenariats public-privé pour freiner la progression des maladies non transmissibles au Congo.
Pen Plus : focus sur la jeunesse congolaise
Les chiffres du projet Pen Plus, publié en 2024, rappellent que les Congolais âgés de 25 à 44 ans constituent aujourd’hui la tranche la plus exposée au diabète, nourriture hypercalorique et sédentarité étant devenues un cocktail ordinaire en zone urbaine.
À Brazzaville comme à Pointe-Noire, les food trucks et les services de livraison dopent la consommation de sucre simple, tandis que le travail sur écran réduit drastiquement le nombre de pas quotidien, selon les volontaires du programme Pen Plus local.
Face à cette réalité, les experts encouragent l’adoption de mesures ludiques, de la danse cardio en after-work au jardinage urbain, pour reconnecter la génération smartphone à son corps fatigué.
La direction de Burotop Iris prévoit déjà de prolonger l’action en installant un kiosque de dépistage trimestriel et en ouvrant ses challenges santé aux partenaires, dans l’espoir de bâtir une communauté professionnelle vigilante, active et pleine d’énergie positive.
