Week-end européen riche pour la diaspora congolaise
Des stades glacés de Fribourg aux terrains formateurs de Manchester, le week-end a offert aux footballeurs congolais d’Europe l’occasion de tester leur forme avant les prochaines joutes internationales. Premier bilan, l’élan offensif semble intact malgré des fortunes diverses.
De la Bundesliga à la Premier League U18 en passant par la Regionalliga autrichienne, les performances enregistrées traduisent un même trait : l’envie de s’imposer. Zoom sur huit talents dont les trajectoires façonnent la réputation du football congolais hors frontières.
Massengo et Matsima lancent Augsbourg
En Allemagne, Augsbourg a lancé sa saison par un succès 3-1 à Fribourg. Nouveau venu, Han-Noah Massengo occupait l’aile gauche du 3-4-2-1 et a dynamisé les transitions, offrant de multiples solutions entre les lignes.
À droite de la défense, Chrislain Matsima, prêté cet été, a doublé la mise d’une tête sur corner à la 42e. Le défenseur a rappelé qu’il demeure dangereux sur phases arrêtées, atout précieux pour un groupe rajeuni.
Le coach Enrico Maassen a salué « l’intégration express de deux joueurs au profil complémentaire ». Pour les supporters congolais, ces titularisations simultanées font naître l’espoir d’une charnière-relais Massengo-Matsima lors des futures phases qualificatives africaines, une perspective suivie de près.
Maboulou, patience entre D3 et espoirs
Noah Le Bret Maboulou, lui, a vécu un week-end contrasté. Absent du groupe de Nuremberg en 3e division, il s’est consolé avec la réserve en Regionalliga Bayern. Deux buts inscrits aux 5e et 63e minutes ont scellé un succès 3-1.
« Je reste focalisé sur le travail, la saison est longue », a-t-il confié à un média local. Sa polyvalence, capable de couvrir l’axe et les côtés, pourrait rapidement convaincre le staff de l’équipe première, d’autant que le calendrier allemand s’intensifie.
Makosso bousculé mais fidèle au poste
En League One anglaise, Luton a dominé Cardiff sans concrétiser et s’est incliné 0-1. De retour de suspension, Christ Makosso a retrouvé l’axe. Pris de vitesse par Willock sur l’unique but, il a reconnu un « manque de repères » post-pause.
Le staff l’a néanmoins félicité pour sa relance propre et son taux de passes réussies supérieur à 90 %. Ses statistiques défensives restent solides, indice encourageant pour un joueur de 23 ans arrivé seulement en janvier dans un environnement ultra-exigeant.
Les Samba juniors brillent à Manchester City
Chez les U18, le nom Samba refait surface. Floyd, 16 ans, double buteur la semaine passée, était titulaire contre Sunderland. Sa polyvalence box-to-box a aidé Manchester City à l’emporter 2-1 malgré un avertissement reçu dans les dernières minutes.
Son frère ainé Tyrone, 17 ans, est entré après la pause et a densifié le cœur du jeu. Les formateurs citizens soulignent leur intelligence tactique héritée de leur père, Christopher, ancienne muraille des Diables rouges, modèle d’une carrière anglaise réussie.
Tchicamboud assure au LASK Linz II
Cap sur l’Autriche, où la réserve du LASK Linz a battu Gurten 3-1. Aligné d’entrée, Queyrell Tchicamboud a écopé d’un avertissement à la 62e mais a surtout régulé le jeu par son pressing haut et ses transmissions verticales.
Le coach Stefan Hager loue son « leadership silencieux ». À 21 ans, l’ancien de Mimosas vise des minutes avec l’équipe fanion d’ici l’hiver. L’intensité de la 3e division autrichienne constitue pour lui un laboratoire idéal avant de viser plus haut.
Un vivier en mouvement constant
Derrière ces statistiques se cachent des réalités : concurrence, langues, météo. Les joueurs congolais gèrent aussi les longs déplacements internationaux qui compliquent un temps de jeu régulier en club.
Pourtant, la tendance globale reste positive, portée par des centres de formation mieux structurés à Brazzaville, à Pointe-Noire et par les académies privées qui tissent des passerelles. La fédération mise sur la diaspora pour encadrer la nouvelle génération locale en pleine effervescence.
Quels enseignements pour les Diables rouges ?
À deux mois de la prochaine fenêtre FIFA, le sélectionneur national analyse chaque performance. Massengo et Matsima apportent une fraîcheur tactique issue de la Bundesliga. Makosso et Maboulou offrent des solutions défensives alors que le duo Samba incarne le futur à moyen terme.
La cellule performance de la fédération étudie également les données GPS et biomécaniques fournies par les clubs. Objectif : prévenir les blessures lors des stages. Cette collaboration techno-sportive renvoie l’image d’un football congolais moderne, à l’écoute des méthodes européennes.
Les supporters espèrent désormais que ce capital expérience se traduira par des résultats lors des éliminatoires de la Coupe du monde 2026. Le président de la ligue, Jean-Guy Mayolo, se dit confiant : « Nos ambassadeurs font leurs preuves, l’avenir semble prometteur ».
Au-delà des chiffres, la trajectoire européenne de chaque joueur sert aussi d’inspiration aux jeunes footballeurs du pays. Les réseaux sociaux regorgent de messages d’encouragement, signe d’un public avide de récits positifs et d’exemples concrets pour nourrir ses ambitions sportives.
Le week-end écoulé confirme ainsi que la diaspora congolaise s’affirme dans des championnats variés, du plus huppé au plus formateur. Reste aux Diables rouges à capitaliser sur cet élan collectif pour écrire, ensemble, les prochaines pages de leur histoire.
