Silence des stades: un championnat à l’arrêt
Le 20 décembre, la Fédération congolaise de football s’est réunie en session ordinaire pour ausculter ses compétitions. Autour de la table, les vingt membres du Comité exécutif ont dressé un constat sans appel : aucune rencontre nationale disputée depuis des mois.
La fermeture des installations sportives, décidée par le ministère des Sports pour maintenance, bloque calendrier, licences et droits télé. Fecofoot rappelle que l’organisation des championnats relève statutairement de sa compétence et appelle à un dialogue rapide avec les autorités.
En attendant, clubs pros et amateurs rongent leur frein. Les entraînements se poursuivent à huis clos sur des terrains annexes, mais sans compétition homologuée, la forme sportive et les finances des équipes inquiètent déjà dirigeants, supporters et recruteurs.
Les U17 privés de tournoi continental
Victime collatérale, la sélection des Diables rouges U17 restera à la maison pour le tournoi zonal qualificatif à la CAN. Le sélectionneur juge qu’il manque une base compétitive faute de repères en championnat.
La décision, votée à l’unanimité, entend protéger les jeunes d’une exposition trop précoce. Les responsables assurent toutefois qu’ils maintiendront le groupe U17 en activité via des stages éducatifs et des matches amicaux internes.
Les familles, d’abord déçues, saluent désormais la prudence. « Mieux vaut rater un tournoi que brûler nos talents », glisse un parent au siège fédéral, confiant dans la préparation d’un prochain cycle performant.
CAN 2027: pari sur la diaspora
Pour l’équipe A masculine, les éliminatoires de la CAN 2027 approchent. La CAF clôture les engagements le 31 décembre et un tour préliminaire est calé fin mars. Sans championnat, la fédération étudie un plan d’urgence.
Le scénario miserait sur des joueurs évoluant en Europe, Asie ou Amérique, déjà rodés au haut niveau. « Nous avons une diaspora talentueuse, intégrons-la », confie un membre du staff, lucide sur le défi logistique.
Première étape : recruter un sélectionneur capable de fédérer locaux et expatriés. Un appel à candidatures international sera lancé sous peu. La fédération veut un technicien rompu aux rassemblements express et à la gestion de profils variés.
Infrastructures: le chantier d’Ignié relancé
La Fecofoot a reçu un feu vert financier de la FIFA : 209 167 dollars pour rénover le Centre technique d’Ignié, poumon de la formation et de la médecine du football congolais.
Les travaux viseront pelouses, dortoirs, salles de musculation et équipements médicaux. Objectif : offrir d’ici 2026 un complexe conforme aux standards CAF, apte à héberger stages, séminaires d’entraîneurs et recyclage des arbitres.
Le responsable des infrastructures estime que ce lifting valorisera aussi les communes voisines grâce à l’emploi local. Des entrepreneurs congolais sont encouragés à postuler, renforçant la chaîne économique autour du ballon rond.
Formation locale: Licence A CAF confirmée
Autre avancée, la Confédération africaine de football a validé l’organisation de la Licence A CAF à Brazzaville. La première session est programmée au premier trimestre 2026 et devrait accueillir une trentaine d’entraîneurs issus des deux rives du Congo et de la sous-région.
Pour Jean Guy Blaise Mayolas, offrir la formation haut niveau sur place réduira les coûts supportés par les clubs et stimulera la compétitivité. « La science du banc doit grandir ici, pas uniquement à l’étranger », a-t-il souligné devant le Comité.
Les candidats devront posséder la Licence B CAF et justifier d’une expérience minimale sur banc élite. Le programme, monté avec des instructeurs régionaux, comprendra tactique avancée, préparation mentale, vidéo-analyse et modules sur la prévention des blessures.
Arbitrage congolais en pleine ascension
Bonne nouvelle sur le sifflet: cinq officiels congolais officieront à la CAN 2025, un record national. Une arbitre féminine vient en outre d’obtenir son écusson FIFA, portant à onze le nombre d’arbitres internationaux originaires du Congo-Brazzaville.
La Fecofoot attribue cette progression à la mise en place du programme des Jeunes talents arbitres lancé en 2020. Les stagiaires bénéficient de stages trimestriels et d’outils de suivi vidéo comparables à ceux de la VAR, financés par la solidarité FIFA.
Avec davantage d’officiels sur les grands tournois, la fédération espère aussi améliorer la qualité de l’arbitrage domestique dès la reprise. Les clubs y voient un gage d’équité et de spectacle, éléments essentiels pour attirer sponsors et téléspectateurs.
La feuille de route de Jean Guy Blaise Mayolas
Dans son allocution d’ouverture, le président de la Fecofoot a martelé la nécessité d’une gouvernance transparente et tournée vers l’innovation. Il veut des compétitions plus dynamiques, mieux structurées mais surtout alignées sur les attentes des supporters et des acteurs économiques.
Il a rappelé que la bonne gouvernance n’est pas qu’une formalité administrative mais une condition essentielle pour bâtir un football moderne, crédible et ouvert aux partenariats. Des audits internes trimestriels seront désormais publiés afin de renforcer la confiance du public.
À l’issue de la session, un calendrier prévisionnel a été esquissé. Le comité espère lancer un tournoi de transition dès février si les stades rouvrent, puis organiser la reprise complète de la Ligue 1 avant juin, afin d’assurer le rythme compétitif national.
