Une semaine culturelle qui fait voyager
Du 24 au 27 novembre, le Mémorial Pierre Savorgnan de Brazza s’est transformé en mini-Caire. L’ambassade d’Égypte y a orchestré une Semaine culturelle combinant cinéma, gastronomie et artefacts, attirant étudiants, diplomates et familles brazzavilloises.
En ouvrant la manifestation, l’ambassadrice Imane Samy Yakout a vanté « la puissance douce » de la culture, qu’elle considère comme un lien naturel entre les peuples. La directrice du site, Bélinda Ayessa, a salué un « pont d’amitié durable ».
L’initiative s’inscrit dans les échanges bilatéraux encouragés par les autorités congolaises. Mercredi soir, files devant l’écran, effluves d’épices et flashes d’appareils photo témoignaient d’une curiosité intacte.
Le grand écran illumine le Nil
Trois projections gratuites ont ravi les cinéphiles. “Le Destin” de Youssef Chahine a ouvert le bal, suivi de la comédie douce-amère “Photocopie”, puis d’un documentaire immersif sur l’oasis de Siwa et ses légendes.
La salle improvisée a vibré d’applaudissements, surtout lors des répliques en arabe sous-titré. « Nous découvrons d’autres codes narratifs », s’enthousiasme Yvon, 22 ans, étudiant en réalisation.
La diplomatie égyptienne voulait prouver que son cinéma ne se limite pas aux classiques télévisés. À la sortie, débats sur le montage et selfies devant l’affiche nourrissaient la conversation jusque dans la cour du mémorial.
Saveurs pharaoniques à la table brazzavilloise
Le chef Ahmed El-Gamassy, arrivé du Caire, a proposé foul medames, koshari et tajine de pigeonneau. Les Congolais comparaient les épices au saka-saka local, guettant les ressemblances inattendues.
« La nourriture raconte l’histoire d’un peuple », rappelait le chef, assailli de questions. Des influenceuses food filmaient chaque cuillerée, promettant un tutoriel express sur TikTok.
Le karkadé, infusion d’hibiscus proche du bissap, a conclu le buffet. « Même couleur, même fraîcheur », souriait Nadège, étudiante en tourisme, ravie de ce dialogue gustatif.
Artefacts et Grand Musée, vitrine des pharaons
L’exposition de dix-neuf répliques pharaoniques a constitué le point photo favori. Masques funéraires et papyrus offraient un avant-goût du Grand Musée égyptien, dont l’ouverture est imminente au Caire.
À côté, des panneaux expliquaient l’usage de la 3D pour restaurer les sarcophages. « Je veux devenir archéologue », confiait Grâce, 14 ans, carnet en main.
L’ambassade a annoncé un futur programme de bourses pour les étudiants congolais en muséologie. « Une chance d’allier passion et carrière », commentait le professeur Mukala, doyen d’histoire.
Un impact durable au-delà des quatre jours
Sur les réseaux, le hashtag #ÉgypteAuCongo cumulait déjà des milliers de vues grâce aux vidéos courtes et memes comparant pharaons et Mwana Pô. L’événement illustre le potentiel viral d’une communication mobile-first.
Le service protocolaire recense plus de 2 500 visiteurs, dont de nombreux lycéens. L’équipe envisage une édition 2024 consacrée à la mode nilotique en collaboration avec des créateurs brazzavillois.
Les jeunes repartent avec des images de pyramides plein la tête et le goût du karkadé sur la langue, convaincus que la rencontre des cultures est toujours à portée de main.
