Brazzaville aux couleurs du handball
Depuis le 12 décembre, la capitale congolaise résonne au son des tambours et des klaxons. Un carnaval motorisé a ouvert la voie aux délégations, transformant l’avenue Savorgnan en ruban rouge et vert à l’image des maillots qui s’apprêtent à envahir les terrains.
Dans les gradins, étudiants, familles et influenceurs se partagent les stories, commentant chaque dribble en direct. L’application d’organisation affiche déjà plus de 15 000 téléchargements. « C’est l’événement de fin d’année à ne pas manquer », glisse Gaëlle, étudiante en communication, les yeux rivés sur le parquet.
Une initiative signée Dynamique Le Réveil
Le général de brigade Serge Oboa, à la tête de la sécurité présidentielle et du club DGSP, pilote ce projet via son mouvement Dynamique Le Réveil du handball congolais. Après le succès de « J’aime la Bouenza au sens propre », il voulait, dit-il, « agrandir la famille et la ramener à la maison ».
Quarante-trois clubs ont répondu présent, venus de huit départements et de Kinshasa. Hommes et femmes seniors partagent affiches et vestiaires, rappelant que la parité s’impose peu à peu dans le sport congolais. La logistique mobilise plus de 300 bénévoles et 60 arbitres certifiés.
Coup d’envoi en fanfare
La journaliste Aline France Etokabéka, marraine du tournoi et présidente exécutive du FHIC, a donné le premier engagement au gymnase Colonel Michel-d’Ornano devant un public bouillonnant. Derrière elle, la fanfare d’Alino déroule un medley rumba-izangala qui fait danser les tribunes.
Premier choc : DGSP contre Inter-Club, seniors dames. Le tableau d’affichage s’arrête sur 23-8 pour la DGSP. « Nous lançons un message fort : l’élite féminine est prête », sourit la capitaine Émilie Makosso, encore essoufflée.
Le fair-play comme ligne directrice
Colonel Christelle Colombe Bouaka, coordonnatrice générale, rappelle la raison d’être de l’épreuve : « Gagner n’est qu’une conséquence. L’objectif, c’est partager, apprendre et rester unis. Restons compacts et cohérents pour notre discipline ». Un slogan décliné sur des banderoles géantes dans chaque site.
À Makélékélé, à l’IPES ou à l’INJS, supporters et joueurs partagent les mêmes rafraîchissements. Les bénévoles distribuent bracelets « Team Fair-Play » dès l’entrée. Les réseaux sociaux regorgent de selfies mêlant adversaires d’un jour, preuve que la fraternité gagne du terrain.
Le général Oboa sur le terrain
Pris par ses obligations, le général Serge Oboa fait une apparition le 14 décembre. Sourire aux lèvres, il serre les mains des joueuses d’Imboulou puis encourage les jeunes de la Cuvette Ouest. « La relève, c’est vous », insiste-t-il avant de prendre place en tribune officielle.
Sa présence rassure les organisateurs. « Il tient à suivre chaque détail », confie Avicenne Nzikou, président de la Ligue de Brazzaville. Les coachs profitent de l’instant pour échanger sur les règles de sécurité sanitaire encore en vigueur dans les gymnases clos.
La compétition se poursuit jusqu’au 22 décembre, date annoncée pour la remise de trophées et, déjà, la promesse d’une nouvelle édition. Plusieurs sponsors locaux envisagent un accompagnement durable, séduits par la dynamique positive et la large couverture médiatique.
Des retombées qui dépassent le parquet
Marchands ambulants, chauffeurs de mototaxis et petites cantines voient leur fréquentation grimper autour des sites. « En trois jours, j’ai vendu le double de mes brochettes habituelles », se réjouit Michel, chef de grillade improvisé près de l’INJS.
Les hôtels du centre affichent complets pour loger les délégations de Pointe-Noire et de la RDC. L’Office national du tourisme estime à 12 % la hausse des nuitées sur la période. Une belle éclaircie pour le secteur, souvent discret hors saison festivalière.
Vers un renouveau durable du handball congolais
Les techniciens saluent la montée en puissance d’équipes de l’intérieur du pays, comme Étoile de la Likouala, qui a créé la surprise en dominant Patronage. « Cela prouve que la base travaille », analyse l’ancien sélectionneur Bernard Ndinga.
Au-delà des scores, la fédération voit dans ce tournoi un laboratoire pour la sélection nationale 2026. Un observateur commente : « La relance passe par la multiplication d’événements structurés. Ce qu’on vit à Brazzaville trace une vraie feuille de route ».
Une clôture attendue dans la fête
Pour la finale, les organisateurs promettent un concert urbain avec des talents montants de la scène brazzavilloise, histoire de mélanger beats et buts. Les supporters préparent déjà banderoles et chansons sur TikTok, viralité garantie.
L’ultime journée réunira toutes les équipes, médaillées ou non, pour une photo géante au stade Michel-d’Ornano. Parce que, ici, les souvenirs comptent presque autant que le palmarès. « Ce sera le selfie de l’année », lance en riant le député Jean-Claude Ibovi.
Cap sur 2026
Avant même le coup de sifflet final, la question d’une édition 2026 se pose. Le comité veut élargir aux moins de 18 ans et intégrer une plateforme e-sport pour toucher les gamers. « Le handball doit parler toutes les langues des jeunes », insiste Avicenne Nzikou.
Les réseaux de supporters s’organisent déjà pour voter le hashtag officiel. Comme l’affirme Prince Michrist Kaba-Mboko, « la jeunesse adore se saisir d’une cause qui rassemble. Ce tournoi en est une ». Brazzaville, terrain de jeu et de cohésion, continue donc de battre au rythme des rebonds.
