Une délégation de la diaspora au siège de la Fécofoot
On Friday 12 December 2025, le Bureau exécutif de la Fécofoot s’est réuni à son siège de Brazzaville pour recevoir trois jeunes Congolais de la diaspora, leaders de l’Association Kf Brazza, porteurs d’un ambitieux plan destiné à moderniser le football national.
Le trio, composé de Jules-Marie Nguesso, Yan Mavoungou et Léo Goma Taty, a fait son entrée sous les regards curieux des présidents de clubs, supporters et membres du Comité exécutif, tous désireux de comprendre comment cette impulsion extérieure pourrait redynamiser une discipline confrontée à plusieurs défis.
Ouvrant la séance, le président Jean Guy Blaise Mayolas a salué l’initiative, rappelant que les idées venues des Congolais d’ici ou d’ailleurs enrichissent l’écosystème sportif national et cadrent avec la volonté fédérale de gérer le ballon rond de manière progressive et inclusive.
Kf Brazza, un projet en quatre axes autour des Diables Rouges
Face au pupitre, Léo Goma Taty a détaillé les contours du projet baptisé Kf Brazza, conçu, selon ses termes, pour donner au football congolais des outils du XXIe siècle sans trahir son âme. L’architecture repose sur quatre axes stratégiques centrés sur les Diables Rouges.
Sans dévoiler tous les modules, il a évoqué la mise à niveau des infrastructures, l’accompagnement technologique des staffs, la formation continue des joueurs locaux et l’amélioration de l’expérience des fans, quatre piliers censés instaurer un cercle vertueux de performance et d’attractivité.
Un diagnostic lucide d’un football en quête de relance
Prenant la parole ensuite, Jules-Marie Nguesso a livré une analyse sans complaisance du contexte actuel. Selon son diagnostic, le manque de compétitions régulières, l’usure des stades régionaux et l’exode précoce des talents freinent la progression du championnat et réduisent la visibilité internationale du Congo.
Il a néanmoins rappelé que la passion du public congolais demeure intacte et constitue le meilleur carburant du projet, tout en précisant que la diaspora souhaite surtout transférer son savoir-faire numérique et managérial vers les structures locales afin de stimuler l’autonomie des clubs.
Entre enthousiasme et prudence, la réaction des clubs
Dans la salle, plusieurs présidents de clubs ont applaudi la démarche avant de formuler des réserves. Ils ont rappelé qu’une modernisation durable passe d’abord par la reprise des compétitions nationales, suspendues ou raccourcies ces dernières saisons, et par un calendrier stable rassurant partenaires et sponsors.
Le scepticisme tient aussi aux zones d’ombre relevées dans le dossier, notamment sur le financement. Qui financera la rénovation des pelouses ? Quelle clé de répartition pour les droits commerciaux ? Autant de questions demeurées ouvertes malgré l’optimisme affiché par Kf Brazza.
Yan Mavoungou, troisième membre de la délégation, a précisé que l’association se veut catalyseur et non bailleur unique. L’idée est d’agréger investisseurs privés, partenaires technologiques et soutien institutionnel du Ministère des Sports, déjà sensibilisé au concept.
D’après la Fécofoot, un tel écosystème partenarial pourrait permettre le naming des stades ou l’intégration de solutions numériques pour la billetterie, innovations capables de générer des revenus récurrents et de réduire la dépendance aux subventions publiques.
Prochaines étapes pour la modernisation du ballon rond congolais
Dans les gradins improvisés de la salle de réunion, les supporters conviés ont suivi la présentation avec attention, conscients que l’avenir de leur passion se jouait aussi dans ce huis clos. Leur présence témoigne du lien fort entre le public et les orientations de la fédération.
Au terme des échanges, Jean Guy Blaise Mayolas a proposé de créer un comité mixte chargé d’examiner la faisabilité technique et juridique de Kf Brazza et son articulation avec les textes fédéraux. Les conclusions seront soumises au prochain Bureau exécutif.
Du côté des promoteurs, l’étape suivante consiste à affiner le business plan et à élargir les consultations, notamment auprès des ligues régionales et des instances techniques de la fédération, afin de consolider les données. Ils ont indiqué qu’un chronogramme détaillé serait rendu public dans les semaines à venir.
Le fait que le dossier ait également été exposé au Ministère des Sports, selon les porteurs, place le projet dans un cadre institutionnel précis. Une telle articulation pourrait faciliter la mobilisation de ressources et aligner les innovations proposées sur les orientations publiques existantes.
Pour l’heure, aucun calendrier n’a été fixé. Le président Mayolas précise que la priorité demeure la reprise effective du championnat, condition essentielle à toute modernisation. Les mois à venir diront si la coopération entre la fédération et Kf Brazza se consolide.
Quoi qu’il advienne, la réunion du 12 décembre marque une étape dans le dialogue entre acteurs locaux et diaspora, symptôme d’une jeunesse congolaise désireuse de contribuer à la vitalité nationale. Le football, miroir populaire, pourrait ainsi devenir laboratoire d’innovations porteuses de progrès économique et social.
