Brazzaville: un journaliste passe au roman court
Journaliste de profession, Sylvain Elenga ouvre une nouvelle page de sa carrière en entrant dans le monde littéraire par l’écriture romanesque. À l’image de certains confrères devenus auteurs, il signe une première œuvre avec un recueil de nouvelles intitulé «Le temps des remords».
L’ouvrage est publié en mars 2025 par les Éditions A.K (Alliance Koongo), une maison basée à Brazzaville. La structure est dirigée par l’écrivain Ramsès Bongolo, cité comme l’éditeur de ce projet qui met en avant une plume issue du terrain.
Un recueil de 150 pages, cinq nouvelles, une préface
«Le temps des remords» compte 150 pages et réunit cinq nouvelles. Le livre est préfacé par le journaliste-écrivain Emile Gankama, dont le regard accompagne cette entrée d’un journaliste dans la fiction courte, format apprécié pour sa densité et son impact.
Dans ses notes de présentation, l’éditeur décrit le recueil comme un plaisir de lecture. Il reprend aussi une formule attribuée au général-écrivain Benoît Moundélé-Ngollo, évoquant “une sauce piquante servie chaude”, pour suggérer des récits vifs et sans tiédeur.
Les cinq titres qui donnent le ton du livre
Le recueil rassemble cinq textes: «Le cadavre m’a ravi ma femme», «La blouse maculée», «Le temps des remords», «L’angoisse du dernier jour» et «Le fossoyeur». Rien que leurs intitulés annoncent des histoires tendues, ancrées dans la vie et parfois dans l’urgence.
Pour l’éditeur, ces titres composent un ensemble cohérent, pensé comme un parcours. Chaque nouvelle apporte sa couleur, sa situation, son rythme, tout en gardant une ligne commune: faire sentir l’inquiétude, le doute, et les conséquences humaines des choix individuels.
Santé, éthique, doutes: les thèmes au cœur des récits
Selon les précisions fournies par l’éditeur, plusieurs nouvelles abordent l’inquiétude et le doute autour de la compétence ou de l’incompétence. Elles interrogent aussi la probité morale de celles et ceux “appelés à sauver des vies”, un thème sensible, traité ici par la fiction.
Le recueil évoque également des problèmes d’hygiène dans de nombreux centres de santé et établissements hospitaliers “de la place”, toujours d’après l’éditeur. Le parti pris n’est pas celui d’un rapport technique: les textes choisissent l’histoire, les personnages et la tension narrative.
Tradition mbochi: la succession expliquée par la fiction
L’éditeur indique que la dernière nouvelle met en scène, “de la plus belle des manières”, les principes et normes qui encadrent le traitement des affaires de succession dans la tradition mbochi. Le recueil se déplace ainsi du monde hospitalier vers les règles sociales et familiales.
Ce choix élargit la portée du livre. En passant par un cadre traditionnel, la fiction devient une façon de rappeler des repères, de faire comprendre des logiques de transmission et de responsabilité, tout en racontant une histoire qui reste accessible à un lectorat large.
Un miroir du quotidien congolais, entre constats et conseils
Pour l’éditeur, le recueil se présente comme une percée dans le quotidien des Congolais. Il “met en lumière et dénonce en même temps” certains travers observables sous nos latitudes, tout en glissant, au fil des situations, des conseils sur la nécessité d’un changement de mentalité.
Dans cette lecture, «Le temps des remords» cherche moins l’effet de scandale que la prise de conscience. La nouvelle, par son format court, permet de frapper vite, de laisser une impression durable, et d’ouvrir une discussion sur les comportements collectifs.
Où trouver «Le temps des remords» à Brazzaville
Le livre est annoncé comme disponible chez l’éditeur et auprès de l’auteur. Pour les lecteurs curieux de découvrir une nouvelle voix, le recueil se présente comme une porte d’entrée directe: cinq histoires, un volume unique, et des thèmes familiers traités par la littérature.
Avec cette première publication, Sylvain Elenga ajoute une corde à son arc et rejoint la tradition des journalistes qui passent du reportage à la fiction. Un mouvement qui rappelle que, parfois, la littérature complète l’actualité en donnant du souffle aux réalités du quotidien.
