Un échiquier international en pleine mutation
Des fronts brûlants s’ouvrent de Kiev à Gaza, tandis que les tensions Téhéran-Tel-Aviv inquiètent la planète. Dans ce brouhaha géopolitique, la notion même de paix semble se diluer, laissant la jeunesse chercher des repères dans un monde où les alliances se recomposent sans cesse.
Pourtant, depuis la Charte des Nations unies, préserver la dignité humaine reste l’objectif affiché des États. La promesse paraît lointaine lorsque les règles internationales s’appliquent avec deux poids, deux mesures, renforçant l’impression que la force prime encore trop souvent sur le droit.
Voix du Congo pour le dialogue
Le Congo-Brazzaville, signataire des principaux traités de paix, insiste régulièrement sur la primauté du dialogue, rappelant que la stabilité intérieure dépend aussi de la stabilité régionale. À l’ONU, Brazzaville soutient les initiatives de prévention des conflits et d’assistance humanitaire en Afrique centrale.
Lorsque les grandes puissances poursuivent des intérêts divergents, les petites nations souffrent davantage des pénuries, de la hausse des prix et des déplacements de population. Ce constat pousse de nombreux analystes à réclamer un système de gouvernance mondiale plus inclusif et réellement multipolaire.
Repenser la paix au-delà des armes
Les experts rappellent que la paix n’est pas seulement absence d’armes. Elle suppose un accès équitable aux ressources, la reconnaissance des identités, l’éducation à la citoyenneté et un filet social solide. Sans ces piliers, toute trêve politique risque de n’être qu’une parenthèse.
Dans cette perspective, la doctrine sociale de l’Église catholique conserve un écho particulier. Les déclarations du pape François, invoquant une « arme du dialogue » contre la « folie guerrière », rejoignent les appels locaux des conférences épiscopales à protéger les civils et à lutter contre la marginalisation économique.
Pour Mgr Pierre-Antoine Moungalla, interviewé à Brazzaville, « sans justice sociale, la paix demeure un slogan ». Selon lui, l’engagement communautaire doit s’accompagner d’actions publiques fermes contre la corruption et pour l’accès des jeunes à l’emploi, facteur essentiel d’apaisement.
Jeunesse et innovations citoyennes
La responsabilité n’incombe pas uniquement aux gouvernements. Les influenceurs, les start-ups et les associations étudiantes congolaises peuvent diffuser des récits de solidarité, organiser des collectes pour les déplacés, et promouvoir une culture de débat pacifique sur les réseaux, espaces où se forgent désormais les opinions.
Au plan régional, la Commission du golfe de Guinée multiplie les patrouilles maritimes conjointes pour sécuriser les routes commerciales. Cette coopération, saluée par l’Union africaine, démontre que des mécanismes africains peuvent compléter l’action des Nations unies face aux menaces transnationales.
Les économistes notent cependant que la détérioration des chaînes d’approvisionnement mondiales pèse sur l’inflation locale. Des solutions, comme le renforcement de l’agriculture familiale ou la transformation agro-industrielle, contribueraient à la sécurité alimentaire, composante souvent négligée de la prévention des conflits.
Intégrations régionales et développement
La diplomatie congolaise voit dans la Zone de libre-échange continentale une chance de créer des emplois et d’atténuer les inégalités, réduisant ainsi les tensions. Les représentants gouvernementaux assurent que la feuille de route économique inclut un accent particulier sur l’entrepreneuriat jeunes et l’économie verte.
Sur le terrain, des incubateurs comme PitaTech ou MwindaLab développent des applications destinées à la médiation communautaire et à l’alerte précoce. En intégrant l’intelligence artificielle à des bases de données locales, ces startups offrent aux autorités des tableaux de bord pour repérer rapidement les foyers de crise.
Éducation, spiritualité et cohésion sociale
Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, répète que « la paix se construit chaque jour, dans chaque quartier ». À Brazzaville, des projets pilotes proposent des formations gratuites en résolution non violente de conflit, ciblant particulièrement les quartiers périurbains où la pression démographique est forte.
L’éducation civique, inscrite aux programmes scolaires depuis 2022, met désormais l’accent sur la coexistence pacifique, l’histoire africaine et l’usage raisonné des réseaux sociaux. Les enseignants constatent une baisse des violences scolaires dans les établissements qui appliquent des clubs de discussion modérés par les élèves eux-mêmes.
Sur le plan spirituel, les Églises, les mosquées et les mouvements kimbanguistes organisent des veillées interreligieuses pour condamner les discours de haine. Ces initiatives de prière mais aussi de distribution de repas froids mobilisent des centaines de bénévoles, illustrant un tissu social encore résilient.
Vers un laboratoire africain de sécurité humaine
La route vers une paix durable reste longue, admettent les observateurs, mais les avancées locales prouvent que la fatalité n’est pas une loi. En tissant des ponts entre institutions, entreprises, cultes et jeunes, le Congo-Brazzaville peut devenir un laboratoire africain de la sécurité humaine.
La génération connectée, forte de compétences numériques et d’une créativité bouillonnante, dispose d’atouts décisifs pour transformer cette ambition en réalité. Son défi consiste à refuser la peur de l’autre, préférer la négociation au clash et inscrire la solidarité au cœur du projet national.
Rappelons-nous enfin que chaque message partagé, chaque vote exprimé et chaque franc investi peut rapprocher ou éloigner la paix.
