Exploit congolais à Nouakchott
Le 28 novembre à Nouakchott, la capitale mauritanienne, l’équipe nationale de pétanque du Congo a régalé les foules en se hissant sur la deuxième marche du podium continental. Les Diables Rouges ont porté haut les couleurs nationales, seulement devancés par la solide sélection tunisienne.
Une épopée sans préparation
La Fédération congolaise des sports boules, la Fécoboules, avait pourtant prévenu : faute de moyens, la sélection n’avait pas pu se préparer sur les terrains de Brazzaville. Les athlètes ont donc embarqué pour la Mauritanie avec, pour principaux atouts, une cohésion forgée dans l’urgence et un mental d’acier.
À l’issue d’une semaine de matches intenses, disputés du 22 au 28 novembre, les Congolais ont réussi l’exploit de dominer la majorité des vingt nations engagées. « Nous sommes très contents, nous avons atteint l’objectif visé », a commenté le président Talens Tsouari, savourant une médaille inattendue.
La remontada décisive face à la Mauritanie
Le tournant du tournoi intervient lors des quarts de finale. Opposés à la sélection hôte, les Congolais sont immédiatement menés de six points. Dos au mur, ils activent leur âme de compétiteurs : tir précis, appoint millimétré, communication constante : la remontada prend forme.
Point après point, la triplette congolaise grappille son retard, jusqu’à retourner le score à 13-12. Ce succès arraché sur le fil fait taire le public mauritanien et propulse la délégation rouge et vert dans le dernier carré. L’exploit redonne un souffle nouveau à tout le groupe.
Un duel tendu contre la Côte d’Ivoire
En demi-finale, c’est la Côte d’Ivoire, autre poids lourd africain des boules, qui se dresse sur la trajectoire congolaise. L’affiche promet du spectacle, elle le tiendra. Concentrés, Binguila Charbrol, Batambika Verdorold et Babassana Christ multiplient les carreaux décisifs.
La partie tourne rapidement à l’avantage des Diables Rouges, qui s’imposent 13-08 et s’offrent leur ticket pour la grande finale. Pour Talens Tsouari, l’heure est déjà aux remerciements : « Merci au peuple congolais pour le soutien. Nous relevons les couleurs malgré les difficultés », confie-t-il, sourire aux lèvres.
Une finale pleine de suspense face à la Tunisie
La Tunisie, référence continentale, attend le Congo en finale. Les premières mènes confirment le rapport de forces : la technique tunisienne répond à la combativité congolaise. Les supporters massés derrière les barrières vibrent à chaque tir, à chaque appoint joué au millimètre.
À la fin, les Aigles de Carthage s’imposent 13-08, non sans avoir tremblé. Les Congolais repartent donc avec la médaille d’argent, un résultat salué par l’ensemble du public mauritanien. « Nous avons battu beaucoup de pays, y compris la Mauritanie, sans préparation », rappelle Tsouari, fier de ses protégés.
Quatre boulistes et un président conquérants
La délégation congolaise ne comptait que quatre joueurs : Binguila Charbrol, Batambika Verdorold, Babassana Christ et Ndembi Bertrand. Épaulés par leur président-fan, ils ont su transformer l’absence de repères en moteur de motivation, affichant unité et solidarité sur chaque mène.
Dans un sport où le mental pèse autant que la technique, ils ont fait preuve d’un sang-froid admirable. Leur secret ? Des automatismes légers mais efficaces, répétés lors de séances improvisées avant chaque partie, doublés d’une confiance mutuelle forgée au fil du parcours.
Fierté nationale et soutien populaire
Dès l’annonce de la médaille, des messages de félicitations ont afflué sur les réseaux sociaux. De Brazzaville à Pointe-Noire, internautes et passionnés ont célébré la performance. Beaucoup soulignent le symbole d’espoir renvoyé à la jeunesse : réussir malgré des conditions parfois limitées.
La visibilité offerte à la pétanque, discipline encore discrète comparée au football ou au basket, pourrait encourager de nouveaux pratiquants. « En 2024, nous avons ramené la coupe d’Afrique à la maison et aujourd’hui l’argent », rappelle Tsouari ; une phrase devenue hashtag pour les fans sur Instagram.
Objectifs déclarés pour les prochains défis
Confortés par ce résultat, les Diables Rouges veulent désormais retrouver la plus haute marche. L’équipe vise déjà le prochain championnat continental, avec pour priorité d’obtenir davantage de temps de préparation et un accompagnement technique renforcé.
« Nous avons prouvé notre valeur. Avec des stages adéquats, la coupe peut revenir au pays », assure Binguila Charbrol. Le président de la Fécoboules martèle le même message : l’important est de maintenir la dynamique, de capitaliser sur cette médaille et d’inspirer tout le mouvement sportif congolais.
