L’annonce officielle de Dave Mafoula
Samedi 13 décembre, dans une salle comble du centre-ville de Brazzaville, Uphrem Dave Mafoula a pris le micro devant caméras et smartphones pour confirmer ce que ses partisans espéraient : il sera bien candidat à l’élection présidentielle prévue en mars 2026.
Sous les applaudissements, le président du parti Les Souverainistes a promis un « nouveau départ vers la justice, la vérité et la renaissance du Congo », une formule qui, selon lui, résume l’aspiration d’une population avide de perspectives économiques solides et de gouvernance transparente.
Retour sur son parcours depuis 2021
Le souvenir de sa campagne de 2021, courte mais remarquée, plane encore. À l’époque, Dave Mafoula avait engrangé un capital sympathie notable grâce à des tournées dans les quartiers périphériques de Brazzaville, Pointe-Noire et Dolisie, où il avait misé sur l’écoute directe des citoyens.
Cette fois, l’intéressé affirme avoir « appris des erreurs », notamment en matière d’organisation numérique et de maillage territorial. Son équipe met déjà l’accent sur l’inscription électorale des primo-votants, convaincue que la jeunesse connectée peut devenir le principal moteur de sa dynamique de campagne.
Emploi, justice, diversification : ses axes majeurs
Les priorités dévoilées par le candidat s’articulent autour de trois volets : l’emploi, la justice et la diversification économique. Il revendique la création d’« incubateurs citoyens » dans chaque département pour soutenir les micro-entreprises et encourager l’exportation de produits congolais, notamment dans l’agro-alimentaire et le numérique.
Réforme institutionnelle et esprit républicain
Sur le volet institutionnel, Dave Mafoula propose une révision constitutionnelle destinée, dit-il, à clarifier la séparation des pouvoirs et à moderniser le rôle du Parlement. Il assure que sa démarche respecte le cadre démocratique existant et s’inscrit dans un dialogue républicain avec toutes les forces politiques.
Interrogé sur l’action gouvernementale actuelle, le leader des Souverainistes souligne des « avancées mesurables dans les infrastructures » mais estime qu’une « répartition plus inclusive » des bénéfices est nécessaire. Il insiste sur une approche collaborative, affirmant vouloir travailler avec l’ensemble des institutions pour accroître les investissements et l’innovation.
Jeunesse et réseaux sociaux en première ligne
Sur les réseaux sociaux, l’annonce a rapidement gagné en visibilité, le mot-dièse #Mafoula2026 cumulant plus de 200 000 impressions en vingt-quatre heures, selon un décompte du collectif DataCongo. De nombreux jeunes internautes saluent « un discours rafraîchissant », tandis que d’autres appellent à comparer objectivement tous les programmes.
Analyses et enjeux territoriaux
Pour Elodie Ngami, analyste politique au Centre d’études congolaises, « le profil de M. Mafoula parle à un électorat urbain diplômé, toutefois la conquête du vote rural reste décisive ». Elle rappelle que les élections précédentes ont montré l’importance des alliances locales et du travail de terrain harassant.
Calendrier électoral et conditions de transparence
Le calendrier officiel, publié par la Commission électorale nationale indépendante, fixe l’ouverture de la campagne à soixante jours du scrutin. Les observateurs attendent désormais la finalisation des listes électorales et la validation des candidatures, étapes jugées cruciales pour garantir la transparence et l’apaisement du processus.
Majorité et climat politique apaisé
Du côté de la majorité, plusieurs cadres saluent la participation d’acteurs multiples au débat démocratique, soulignant que « la pluralité politique reste une richesse nationale ». Ils rappellent les investissements récents en connectivité et en infrastructures sportives, perçus comme autant d’avantages pour des campagnes modernes et interactives.
Un fonds souverain pour le numérique
Sur le terrain économique, Dave Mafoula propose de réorienter une partie des recettes pétrolières vers un fonds souverain dédié à l’éducation et à la santé numérique. Selon lui, un « Congo branché » pourrait former un million de jeunes aux métiers du code et réduire significativement le chômage urbain.
Société civile et exigence de chiffres
Les organisations de la société civile, dont l’ONG Observatoire des Processus Démocratiques, attendent de connaître le chiffrage complet de ces propositions. Elles rappellent que l’accès aux données budgétaires reste essentiel pour évaluer la faisabilité d’un programme et favoriser une lecture citoyenne éclairée des promesses électorales.
Cafés-débats, influence et mobilisation
À Brazzaville comme à Pointe-Noire, les cafés-débats reprennent. Certains rappellent que l’abstention a dépassé 30 % en 2021 et que l’enjeu majeur sera de mobiliser les indécis. Les jeunes influenceurs Instagram annoncent déjà des lives explicatifs pour décrypter, chaque semaine, les programmes des divers prétendants.
Parrainages et terrain militant
Dans les quartiers nord, des sympathisants brandissent des tee-shirts à l’effigie du candidat, tandis que des collectifs citoyens organisent des formations pour comprendre le système de parrainages requis. « Nous voulons voter utile », glisse Henock Boungou, étudiant, avant d’ajouter qu’il suivra aussi attentivement les propositions de la majorité.
Un long chemin vers le scrutin
À un peu plus de quinze mois du scrutin, la route reste longue. Entre consultations citoyennes, ajustements programmatiques et alliances à négocier, Dave Mafoula se dit prêt à parcourir chaque district. Reste à savoir si son message résonnera durablement dans une opinion publique exigeante et en quête d’espoir.
Les défis de la campagne digitale
Les stratèges du candidat confient miser sur TikTok pour toucher les 18-24 ans, un segment électoral considéré comme moins politisé. Des capsules d’une minute, mêlant musique urbaine et messages civiques, doivent être publiées quotidiennement afin de maintenir l’engagement et d’élargir la communauté.
Mais la bataille numérique s’annonce serrée, les autres formations préparant également des web-séries et des espaces d’échanges live. La Commission de régulation des télécoms rappelle que toute propagande prématurée reste interdite avant la période légale, afin d’assurer une équité entre les prétendants.
