Auteur/autrice : Étienne Dupont

Comment ‘vraiment’ a débordé le lexique Sur les trottoirs de Poto-Poto, dans les taxis de Pointe-Noire et jusque dans les couloirs de l’université Marien-Ngouabi, un même refrain résonne : « vraiment ». L’adverbe ponctue presque chaque phrase, signe sonore d’une complicité nationale. Du salon familial aux stories Instagram, le terme s’insère partout, parfois trois fois par minute, selon un comptage amusé réalisé par de jeunes blogueurs brazzavillois lors d’une soirée live. Ils parlent d’un « emoji sonore » capable de combler tout silence. Les linguistes rappellent que « vraiment » est d’abord un marqueur d’insistance en français. Au Congo-Brazzaville, il…

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Un adverbe omniprésent dans les échanges quotidiens Dans les bus bondés de Brazzaville, sur WhatsApp ou dans les kiosques, un mot revient comme un refrain : « vraiment ». L’adverbe s’est glissé partout, ponctuant plaintes, compliments et anecdotes. Au point que certains s’amusent à compter le nombre de « vraiment » par minute. Le phénomène dépasse les classes sociales et les langues. Que l’on parle lingala, kituba ou français, le réflexe est identique : placer un « vraiment » pour souligner, hésiter ou séduire. Ce réflexe linguistique intrigue linguistes, humoristes et influenceurs qui en font un running gag sur TikTok.…

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Une avenue historique transformée Avant les travaux, l’avenue Lyautey, artère centenaire de Poto-Poto, affichait un enrobé fissuré, rongé par les eaux et les érosions. Les embouteillages fréquents faisaient grimacer automobilistes et commerçants, faute d’un revêtement capable de résister aux pluies tropicales. Six mois plus tard, le décor a changé. Pavés flambant neufs, trottoirs élargis et signalisation fraîchement peinte offrent désormais un parcours fluide de l’ancienne radio nationale jusqu’à la station de La Foy, soit près de 750 m de chaussée remise à neuf et 5,50 m de largeur parfaitement nivelée. Dans les coulisses d’un chantier express Le projet émane de…

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Pont culturel Brazzaville-Melbourne Brazzaville et Melbourne ont cliqué sur « rejoindre la réunion » et, en moins de deux heures, les deux capitales ont tracé une ligne directe entre leurs musées phares. Le mémorial Pierre Savorgnan-de-Brazza, conduit par Bélinda Ayessa, discutait pour la première fois avec le musée Victoria de Melbourne, représenté par son directeur, Nick Marchand, autour d’un possible pacte culturel. Un échange virtuel historique La visioconférence du 4 décembre a permis aux responsables d’évaluer leurs forces, leurs trésors patrimoniaux et les axes de collaboration susceptibles de faire rayonner les deux institutions bien au-delà de leurs frontières nationales. «…

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Session criminelle ouverte à Impfondo Impfondo s’est réveillée sous le signe de la justice lundi 4 décembre, lorsqu’a retenti la cloche annonçant l’ouverture officielle de la session criminelle du Tribunal de grande instance. L’événement, orchestré par la Cour d’appel de Ouesso, a rassemblé magistrats, juristes, notables et habitants curieux. Dans la salle d’audience baignée de lumière tropicale, le président de la Cour a rappelé que ces assises incarnent l’un des moments phares de la vie judiciaire nationale : le temps où la société interroge les actes les plus graves et réaffirme son attachement à l’État de droit. À ses côtés,…

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Le grand retour de l’opération coup de balai Sirènes hurlantes et gilets fluorescents : lundi matin, les habitants de Poto-Poto et Bacongo ont vu débarquer le ministre de l’Assainissement urbain, Juste Désiré Mondélé, flanqué de policiers et d’agents communaux, pour relancer la vaste opération de libération des espaces publics engorgés. Débutée il y a plus d’un an, l’initiative alterne phases de sensibilisation et actions musclées. Après l’accalmie de la saison des pluies, le ministère a constaté le retour des étals sauvages, des kiosques mobile money improvisés et même d’épaves de voitures servant de boutiques improvisées. Des mois de sensibilisation avant…

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L’appel vibrant de Dibantsa aux jeunes créateurs Devant le hall encore étincelant du nouvel hôtel Kempinski de Brazzaville, l’architecte urbaniste Gervais Aurélien Dibantsa a lancé un message enthousiaste : la jeunesse congolaise doit reprendre le flambeau et projeter l’ingéniosité locale sur les skylines du monde. Pour lui, s’inspirer des réalisations pionnières n’implique pas de les copier, mais d’en extraire les méthodes adaptées aux défis actuels, comme la montée démographique ou l’urgence climatique, afin de concevoir des villes plus inclusives et compétitives. L’hôtel Kempinski, nouveau symbole urbain Inauguré début décembre, l’édifice de douze niveaux domine la corniche avec ses lignes épurées…

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Koulouna et couvre-feu à Brazzaville Brazzaville, au-delà de minuit, les rues sont calmes sous le couvre-feu. À Moutabala, une patrouille de la Direction générale de la sûreté du territoire repère un adolescent visiblement pressé qui prétend chercher un paquet de cigarettes. L’interpellation est musclée mais réglementaire, expliquent les agents. L’adolescent, torse nu, menottes aux poignets, rejoint un groupe de présumés Bébés Noirs au commissariat. L’image frappe: tatouages apparents, regard hagard, mais politesse intacte lorsqu’il répond « papa » aux questions. Le chef de poste soupçonne l’usage de tramadol, la fameuse “morceau”. L’adolescent nie, reconnaît seulement le tabac. Les enquêteurs s’attardent…

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Un banc rouge, symbole fort à Brazzaville Les passants de l’avenue Pasteur se sont arrêtés net, ce 25 novembre, devant un objet insolite : un banc entièrement peint en rouge vif, installé à l’entrée de la délégation de l’Union européenne à Brazzaville. L’œuvre interpelle, choque délicatement et invite à la réflexion collective. Sous le soleil du début d’après-midi, la ministre Inès Nefer Bertille Voumbo Yalo Ingani et l’ambassadrice de l’UE Anne Marshall ont coupé ensemble le ruban symbolique. Les smartphones ont crépité, capturant ce geste censé amplifier la campagne mondiale contre les violences basées sur le genre. La couleur rouge…

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Contexte historique du cimetière de la Tsiémé Niché au nord de Brazzaville, le cimetière de la Tsiémé abrite depuis les années 1960 des générations entières de familles venues des deux rives du fleuve. Lieu de recueillement intime, ce vaste domaine funéraire est aussi un repère mémoriel pour l’agglomération. Au fil du temps, l’expansion urbaine a progressivement serré le cimetière entre des quartiers en plein essor. Les concessions se sont rapprochées des habitations, créant une cohabitation parfois délicate où se mélangent respect des ancêtres et besoins pressants de logements. Ces dernières années, la pression démographique a accéléré l’édification de petites maisons…

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