Auteur/autrice : Léandre Mbemba

Les lettres de créance, un rituel stratégique Sous les plafonds lambrissés du Palais du Peuple, la cérémonie du 28 juillet 2025 a respecté la liturgie républicaine : tapis rouge, escadron de la garde présidentielle et musique de la fanfare nationale. Derrière le protocole, ce passage obligé qu’est la présentation des lettres de créance scelle, selon la formule consacrée, « la prise de langue officielle entre deux États souverains ». Le chef de l’État, Denis Sassou Nguesso, y voit d’abord « un moment de confiance partagée », selon la brève allocution qu’il a délivrée devant un parterre d’officiels et de diplomates accrédités. Les deux nouveaux envoyés…

Lire plus

Une réforme attendue depuis sept décennies La Charte des Nations unies soufflera bientôt ses quatre-vingts bougies, sans que son Conseil de sécurité – pivot du maintien de la paix – n’ait véritablement épousé le visage démographique et politique du monde contemporain. L’Afrique, forte de cinquante-quatre États et de près d’un milliard quatre cents millions d’habitants, n’y dispose encore d’aucun siège permanent. Cette distorsion alimente depuis des années un sentiment d’injustice, ravivé par la multiplication des crises où le continent se trouve en première ligne. Dès 2005, la Déclaration de Syrte et le Consensus d’Ezulwini avaient posé les bases d’une revendication…

Lire plus

Lever de rideau sur une visite stratégique À Washington, la poignée de main entre Françoise Joly et la Sous-Secrétaire américaine Corina Sanders a fait office de signal diplomatique fort. Dépêchée par le chef de l’État congolais, la Représentante personnelle a poursuivi à Washington un marathon d’entretiens où l’exposé d’une vision « inclusive et mutuellement profitable » a servi de boussole. Selon un diplomate africain présent, « l’entretien a dépassé le cadre protocolaire pour entrer dans le dur des dossiers ». Ce tête-à-tête, soigneusement calibré, symbolise la volonté de Brazzaville de s’ancrer durablement dans le radar stratégique nord-américain, tout en rappelant…

Lire plus

Un carrefour géographique sous le signe du fleuve Située à cheval sur l’équateur, la République du Congo jouit d’une position charnière entre l’Atlantique, le golfe de Guinée et l’immense bassin forestier d’Afrique centrale. Brazzaville, capitale à la silhouette élégante, se dresse face à Kinshasa, séparée seulement par le cours majestueux du fleuve Congo. Cette proximité avec la voie navigable la plus puissante du continent confère au pays un rôle logistique de premier plan, conforté par le port en eau profonde de Pointe-Noire. Entre savanes du Niari, chaînes montagneuses du Mayombe et plaines marécageuses du Nord, quatre écorégions se rencontrent, offrant…

Lire plus

Le fleuve Congo, source d’un double baptême Le Congo, avant d’être un nom d’État, fut d’abord celui d’un fleuve colossal qui irrigue plus de quatre millions de kilomètres carrés et unit des centaines de peuples bantous. Les explorateurs européens du XIXᵉ siècle, fascinés par cette artère fluviale, y virent un repère géographique commode pour baptiser les territoires qu’ils s’apprêtaient à dominer. Ainsi se dessina, sur chaque rive, un projet colonial distinct, dont hériteront la République du Congo et la République démocratique du Congo. La Conférence de Berlin, acte fondateur de la séparation Entre novembre 1884 et février 1885, la Conférence…

Lire plus

Une formation républicaine en terre hexagonale Lorsque, dans les années soixante, le jeune Note Agathon foule les allées de l’Institut d’études politiques de Paris puis de l’École nationale d’administration, il incarne l’ambition d’un Congo fraîchement indépendant : se doter de cadres maîtrisant les codes de la gestion publique occidentale sans renoncer à leur identité africaine. Ses condisciples décrivent un étudiant méticuleux, « réglé comme une horloge et curieux de chaque nuance des institutions françaises », selon le témoignage d’un ancien camarade de promotion, aujourd’hui professeur émérite de droit public. La France lui offre un atelier intellectuel foisonnant, où les théories de…

Lire plus

Une déclaration qui réveille les observateurs Les rayons du soleil déclinant sur l’esplanade de la gare routière de Kinkala n’ont pas atténué l’enthousiasme des partisans venus entendre le pasteur Frédéric Bintsamou, plus connu sous le nom de Ntumi. Sa prise de parole, ponctuée d’accents messianiques, a scellé le retour au premier plan d’un acteur longtemps resté en retrait depuis l’accord de cessation des hostilités de décembre 2017. « S’il y a élection, elle ne se fera plus sans le CNR », a-t-il lancé, rappelant l’ambition de son parti, le Conseil national des républicains. Dès le lendemain, les commentaires fusaient dans…

Lire plus

Un mécanisme continental devenu enjeu national Vingt années après son adhésion au Mécanisme africain d’évaluation par les pairs, le Congo-Brazzaville replace la question de la gouvernance au cœur de son agenda institutionnel. Créé sous l’égide de l’Union africaine pour promouvoir l’excellence en matière de gouvernance économique et politique, le Maep fonctionne sur la base du volontariat et compte aujourd’hui quarante-trois États membres. Le Congo, signataire dès mars 2003, réaffirme ainsi sa volonté d’aligner ses politiques publiques sur les meilleures pratiques recensées à travers le continent. Dans un contexte où l’intégration régionale se veut accélérée par la Zone de libre-échange continentale…

Lire plus

Un appel à la concertation ravivé Réunis dans la capitale du 10 au 11 juillet 2025, les responsables de la Coordination nationale des réseaux et associations sur la gouvernance électorale et démocratique (Coraged) ont clos leurs travaux par une déclaration unanime : la tenue, avant mars 2026, d’une concertation nationale multipartenariale. Cette requête, portée par six organisations spécialisées dans la promotion des droits humains, de la culture de paix et de la gouvernance, s’inscrit dans la continuité des pratiques institutionnelles ayant jalonné la vie politique congolaise depuis le retour au multipartisme en 1992. « Notre objectif est clair : faire…

Lire plus

Une interpellation aux contours encore flous Mercredi 9 juillet 2025, aux alentours de 19 h 30, Me Bob Kaben Massouka, avocat inscrit au Barreau de Brazzaville, est conduit à la Centrale d’intelligence et de documentation, selon les témoignages recueillis dans son entourage immédiat. L’information, confirmée ultérieurement par des sources judiciaires, fait rapidement le tour des réseaux professionnels sans qu’aucune communication officielle ne précise les raisons de la mesure de garde à vue. Dans l’attente d’une version consolidée des faits, plusieurs observateurs rappellent que les services de renseignement agissent dans le cadre de la prévention des atteintes à la sûreté de…

Lire plus