Auteur/autrice : Léandre Mbemba
Un atelier pour aligner actions communautaires et politiques publiques Le 11 juillet, la salle de conférence du Centre d’action pour le développement, à Brazzaville, a servi de forum à un échange jugé stratégique par de nombreux observateurs. Sous le sceau du projet « Appui à la gouvernance locale et formation des élus en République du Congo », financé par le Programme des Nations unies pour le développement, conseillers départementaux et représentants de plusieurs ministères ont confronté leurs approches de planification. L’objectif explicite : vérifier que les plans d’actions communautaires, conçus par les populations elles-mêmes, trouvent un écho tangible dans les…
Une missive nauséabonde révélée en plein sommet francophone C’est dans l’atmosphère feutrée mais chargée de la cinquantième session de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie, organisée conjointement par le Sénat et l’Assemblée nationale françaises, que l’élue franco-congolaise Nadège Abomangoli a fait le choix de rendre publique une lettre qu’elle venait de recevoir. Publiée le 11 juillet sur son compte X, la reproduction du courrier constitue un acte de transparence rarement observé à ce niveau de responsabilité, tant son contenu heurte par la violence lexicale et la teneur raciale des attaques. Un verbe d’un autre âge qui cible la couleur et la…
Nouvelle impulsion gouvernementale pour la salubrité urbaine Dans une salle comble du ministère de l’Assainissement urbain, du Développement local et de l’Entretien routier, le 5 juillet 2025, Juste Désiré Mondelé a réuni maires d’arrondissement, responsables de marchés, cadres de la police et de la gendarmerie. D’une voix posée mais résolue, le membre du gouvernement a rappelé que la salubrité n’est pas une simple campagne ponctuelle, mais « un pilier de la modernité et de la compétitivité de nos cités ». L’annonce de la phase opérationnelle d’un déguerpissement généralisé a ainsi scellé la volonté de l’État de reprendre la main sur…
Violence verbale en plein hémicycle digital À l’heure où l’Assemblée parlementaire de la Francophonie célébrait sa cinquantième session à Paris, un autre écho s’est invité dans les travées numériques de la République. Vendredi 11 juillet, Nadège Abomangoli, vice-présidente de l’Assemblée nationale française et née à Brazzaville, a publié sur son compte X la photographie d’un courrier raciste qui lui était destiné. L’auteur, encore anonyme, l’y qualifiait d’« erreur de casting » et lui intimait de « partir » au motif qu’« une Noire n’a rien à faire à ce poste ». Au-delà de l’insulte individuelle, la lettre met en lumière…
Une clarification administrative très attendue Une atmosphère d’écoute soutenue régnait dans la grande salle du ministère de l’Intérieur lorsque Bonsang Oko-Letchaud, directeur général de l’administration du territoire, a pris la parole devant les représentants d’une quinzaine de formations non retenues sur la liste officielle de quarante-deux partis. Durant deux heures d’échanges francs, l’objectif déclaré fut de dissiper tout malentendu quant au statut de ces structures politiques. « Vous ne serez pas reconnus par les pouvoirs publics ni appelés aux consultations électorales », a rappelé le haut fonctionnaire, tout en soulignant que la liberté d’association, consacrée par la loi de 1901,…
Le fleuve Congo, épicentre d’une toponymie partagée À l’échelle du continent, rares sont les cours d’eau dont le nom a survécu à tant de bouleversements politiques. Le Congo, deuxième fleuve d’Afrique par son débit, irrigue non seulement les forêts denses du Bassin mais aussi l’imaginaire collectif de populations réparties sur ses deux rives. De cette configuration hydrologique est née une situation que beaucoup d’observateurs considèrent comme unique : deux États, se faisant face de part et d’autre du même estuaire, arborent une même racine nominale. Selon l’historien Elikia M’Bokolo, « le fleuve n’est pas qu’une frontière naturelle ; il est…
Une clarification administrative attendue Dans l’amphithéâtre en bois ciré du ministère de l’Intérieur, le 12 juillet, la tension était palpable. Face à près de quatre-vingt-dix formations politiques, le préfet directeur général de l’administration du territoire, Bonsang Oko Letchaud, a tenu à lever ce qu’il a qualifié de « malentendu » né de la publication, en juin, de la liste officielle des quarante-deux partis reconnus par l’État. « Aucun parti n’est dissous », a-t-il martelé, rapportant que le retrait temporaire d’un nom ne vaut ni suspension ni sanction, mais incitation à la conformité. Le rappel était attendu depuis que plusieurs leaders,…
Une controverse qui secoue l’agora nationale Les déclarations croisées du 11 juillet dernier, lancées depuis Brazzaville par les porte-parole du Parti congolais du travail et du Rassemblement pour la démocratie et le développement, ont électrisé l’espace politique déjà animé par la préparation des échéances locales. En qualifiant les propos de Jean-Jacques Serge Yhombi Opango de « haineux », le secrétariat permanent du PCT a également mis en garde contre toute dérive qui placerait la violence verbale au cœur du débat public. La réplique du parti majoritaire intervient dans un contexte où l’opinion, notamment la jeunesse urbaine connectée, réclame des échanges…
Une nuit de juillet qui interroge la cité Dans le calme relatif d’une fin de soirée brazzavilloise, les habitants du quartier Moukondo auraient d’abord cru à une opération de routine. Pourtant, au cœur de cette nuit du 9 juillet, Maître Bob Kaben Massouka, membre du Conseil de l’Ordre, a été conduit par des agents présentés comme appartenant à la Centrale d’intelligence et de documentation. Les circonstances demeurent encore l’objet de versions divergentes, mais un fait s’impose : l’interpellation d’un avocat de premier plan constitue toujours un marqueur institutionnel fort. « Nous n’avons été ni officiellement informés ni saisis par le…
Un programme héritier de Lisungi pour une nouvelle génération Au terme d’une décennie marquée par des crises sanitaires et économiques successives, le Congo-Brazzaville a choisi d’élargir sa politique de protection sociale en se concentrant sur les jeunes de 18 à 35 ans. Porté par le ministère des Affaires sociales, de la Solidarité et de l’Action humanitaire, le Projet de protection sociale et d’inclusion productive des jeunes (PSIPJ) s’inscrit dans la continuité de Lisungi, dispositif d’urgence qui avait soutenu les ménages les plus affectés par la pandémie de COVID-19. Le PSIPJ en constitue la phase de maturation : là où Lisungi…