Auteur/autrice : Lucien Mabiala
Un hommage national au savoir congolais Le palais des congrès de Brazzaville s’est paré de ses atours protocolaires le 25 juillet 2025 pour accueillir une cérémonie qui, au-delà du rituel, participe à la construction du récit national. En sa qualité de Grand Maître des Ordres Nationaux, le Président Denis Sassou Nguesso a remis la plus haute distinction de l’Ordre du Mérite Congolais au Professeur Théophile Obenga. Devant un parterre d’universitaires, d’acteurs culturels et de membres du corps diplomatique, le chef de l’État a salué « un esprit dont la trajectoire éclaire la voie que le Congo entend tracer, avec humilité…
Une reconnaissance au sommet de l’État Au palais des congrès de Brazzaville, l’éclatante rosette écarlate a trouvé, le 25 juillet, l’épaule d’un homme dont le nom résonne depuis des décennies dans les amphithéâtres d’Afrique et d’outre-Atlantique. Par un décret solennel, le président Denis Sassou Nguesso a conféré la dignité de Grand-Croix de l’Ordre du mérite congolais au professeur Théophile Obenga, faisant de cette figure tutélaire des sciences humaines la plus haute incarnation vivante de la décoration nationale. La portée symbolique de cet acte dépasse la simple politesse républicaine : elle inscrit, dans le marbre protocolaire, la conviction qu’un capital intellectuel…
Brazzaville au cœur de la Francophonie culturelle Sous les palmiers du Boulevard Denis-Sassou-Nguesso, la 12ᵉ édition du Festival panafricain de musique (Fespam) a rappelé que Brazzaville demeure un carrefour stratégique de la création francophone. Le 24 juillet, au sein du Palais des congrès, la présence de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) a donné un relief particulier au rassemblement. Devant un auditoire composé majoritairement de jeunes artistes de 20 à 35 ans, le chargé de projets Kanel Engandja Ngoulou a dévoilé deux mécanismes de financement que beaucoup découvraient seulement alors, malgré leur impact potentiel sur la scène congolaise. Des fonds…
Un rendez-vous cinématographique et mémoriel À l’ombre des manguiers du quartier Plateau, la salle polyvalente de l’ambassade du Venezuela a brusquement changé de configuration : rideau sombre, projecteur high-tech, effluves de maïs soufflé improvisé par les étudiants hispanophones. C’est dans cette atmosphère à la fois conviviale et solennelle qu’a été projeté « Bolívar, l’homme des difficultés », fresque de 120 minutes retraçant l’itinéraire tourmenté du Libertador après la Déclaration d’indépendance du 5 juillet 1811. Autour de l’écran, un public métissé – cinéastes congolais, enseignants d’espagnol, journalistes culturels, mais surtout jeunes adultes avides de récits d’émancipation – scrutait chaque plan, comme…
Voix nouvelles de la fiction congolaise À peine sorti des presses des éditions LMI, L’ombre qui parle d’Averty D. Ndzoyi s’impose déjà comme un jalon majeur de la production romanesque congolaise contemporaine. En 144 pages denses, l’auteur, récompensé à Dakar en 2022 pour un essai consacré à la pauvreté générationnelle, confirme une ambition littéraire nourrie de terrain et d’engagement social. La parution, très attendue à Brazzaville, se situe au croisement d’une double dynamique : d’une part, l’effervescence culturelle encouragée par les autorités en faveur des jeunes créateurs ; d’autre part, la demande croissante d’histoires authentiques capables de résonner bien au-delà…
De Kinkala à la Sorbonne, itinéraire d’un précurseur Né en 1935 dans la bourgade verdoyante de Kinkala, Martial Sinda rejoint très tôt Brazzaville où sa curiosité pour les humanités trouve un premier souffle sous les voûtes du petit séminaire. Repéré pour son exceptionnel appétit de lecture, il obtient une bourse et franchit les portes de l’Université de Paris, avant d’intégrer la Sorbonne, temple du savoir comparé. Ses recherches, centrées sur l’histoire des religions africaines, s’inscrivent dans une époque où l’Afrique équatoriale prépare son émancipation intellectuelle. À la Sorbonne, il conjugue rigueur philologique et sensibilité culturelle, façonnant un style d’écriture qui…
Un retour longuement mûri Le silence médiatique de Christ Kibeloh aura duré plus d’un lustre, un délai qui, à l’heure de l’immédiateté, peut sembler une éternité. Loin d’être synonyme de désert créatif, cette pause correspond plutôt à un temps d’élévation intérieure. Le public découvre aujourd’hui « Mon regard sur le monde », texte dense et composite, comme l’aboutissement d’une maturation discrète. À trente-quatre ans, l’auteur brazzavillois, remarqué en 2017 pour « Une vie d’enfer », démontre qu’un retrait choisi peut devenir une méthode de travail féconde. Son retour, accueillit dans les cercles littéraires de Pointe-Noire comme à Paris, confirme qu’une…
Madibou sous le signe du renouvellement civique Le 19 juillet dernier, l’esplanade de la mairie de Madibou a revêtu ses atours officiels pour accueillir l’intronisation de cinq nouveaux chefs de quartier. Devant une assistance composée d’autorités locales, de notables et d’un public majoritairement jeune, l’administrateur-maire, Alain Milandou, a procédé à la remise solennelle des attributs de commandement : écharpe tricolore, registre et sceau. L’événement, placé sous l’égide du préfet de Brazzaville, Gilbert Mouanda Mouanda, s’inscrit dans la continuité des réformes visant à rapprocher davantage l’administration des citoyens. Le rôle stratégique des chefs de quartier Appelés à relayer l’action municipale, les…
Une immersion technologique au cœur de la Silicon Valley chinoise À Shenzhen, cité devenue synonyme d’avant-garde numérique, la délégation congolaise a découvert un environnement où le temps se mesure au rythme des puces électroniques et des algorithmes. Guidés par des experts de firmes locales, les participants ont expérimenté les différentes strates de l’intelligence artificielle, de la construction d’un réseau neuronal convolutionnel jusqu’à la mise au point d’outils de traitement automatique du langage. Dans les laboratoires vitrés où les prototypes de drones croisent les bras articulés de robots collaboratifs, les futurs ingénieurs congolais ont touché du doigt l’interdisciplinarité qui gouverne l’économie…
La scène brazzavilloise en effervescence La salle de réception du Pefaco Hôtel, moirée de lueurs indigo, s’est remplie bien avant l’heure annoncée. Jeunes cadres, créateurs émergents et passionnés de textile y ont convergé, conscients qu’un tel rendez-vous dépasse la simple mise en vitrine de vêtements. À Brazzaville, capitale où l’activité créative connaît une courbe ascendante, chaque événement de cette nature constitue désormais un baromètre de confiance pour l’ensemble de l’écosystème artistique. Lorsque les projecteurs se sont éteints à vingt heures précises, un silence attentif s’est installé, aussitôt brisé par les battements des tambours ancestraux. En quelques secondes, la scène s’est…