Auteur/autrice : Lucien Mabiala
Une performance scolaire qui tutoie les sommets nationaux Le 14 juillet, le campus arboré de l’École militaire préparatoire général Leclerc s’est paré de drapeaux chatoyants pour saluer la conclusion de l’année scolaire 2024-2025. Les 428 élèves, communément appelés enfants de troupe, ont affiché un taux de réussite de 100 %, assorti d’une moyenne générale de 18,12. Dans un pays où les indicateurs éducatifs s’améliorent mais demeurent inégaux, ce résultat exerce la force symbolique d’un baromètre d’excellence. Pour le colonel-major Camille Serge Oya, commandant de l’établissement, « il s’agit d’une preuve tangible que discipline et rigueur pédagogique peuvent se conjuguer au…
Brazzaville se pare pour sa vitrine musicale continentale Sous le soleil de juillet, l’avenue du Palais des Congrès s’anime au rythme d’un ballet de camions de régie, de techniciens et de bénévoles. Le compte à rebours est lancé : le 19 juillet, la grande salle emblématique de Brazzaville accueillera l’ouverture officielle du Festival panafricain de musique, mieux connu sous l’acronyme Fespam. Initié en 1996, l’événement soufflera cette année ses trente bougies et ambitionne de franchir un nouveau cap, aussi bien artistique que technologique. En toile de fond, les jeunes mélomanes congolais guettent la moindre affiche colorée. Pour beaucoup, la manifestation…
Au cœur des Tours jumelles, une célébration chargée de symboles Il est un peu plus de dix-neuf heures lorsque les premières notes de l’hymne rwandais s’élèvent dans le hall feutré de l’hôtel Hilton, niché entre les Tours jumelles de Mpila. En ce 4 juillet, la communauté rwandaise du Congo-Brazzaville commémore le trente-et-unième anniversaire de sa libération, connue sous le nom de Kwibohora. Les convives – diplomates, universitaires, acteurs économiques et jeunes leaders – arpentent les allées fleuries du palace, rappelant que les fêtes nationales sont, au-delà de la convivialité, des lieux d’affirmation identitaire et de diplomatie publique. La présence du…
Un souffle pentecostal partagé entre Sangolo et Talangaï Dans la moiteur de ce début de saison sèche, la solennité de la Pentecôte a réuni à Brazzaville des foules inhabituelles. Les paroisses Notre-Dame des Apôtres de Sangolo et Saint Jean-Baptiste de Talangaï, distantes de quelques kilomètres seulement, ont été le théâtre de deux liturgies particulièrement denses. Au cœur des célébrations, Mgr Bienvenu Manamika Bafouakouahou, archevêque métropolitain, a conféré le sacrement de confirmation à 377 fidèles issus de onze communautés paroissiales. Par cette concentration d’événements, l’Église locale fait écho à l’élan missionnaire rappelé par le pape François : « La Pentecôte reste…
Une rixe ordinaire devenue fait divers tragique Le soleil n’avait pas encore cédé sa place aux lampadaires vacillants de Ngampoko lorsque l’altercation s’est nouée autour d’un cageot de feuilles de manioc. Selon les témoins, la maraîchère Philomène K., figure discrète mais respectée du marché de Madibou, aurait reconnu ses légumes étalés sur une bâche de fortune. Elle aurait alors alerté les riverains qui, en quelques minutes, ont formé un attroupement colérique autour du jeune vendeur, un garçon frôlant la vingtaine que ses proches décrivent comme débrouillard mais instable. La suite a suivi le schéma douloureusement connu des quartiers périphériques :…
Un rendez-vous mondial aux accents locaux À l’ombre des flamboyants de la paroisse Notre-Dame de l’Assomption, la Journée internationale de l’enseignement catholique a trouvé, le 29 mai, un écho singulier dans la ville océane. Instituée par l’Office international de l’éducation catholique, cette célébration anime chaque année plus de 200 000 établissements à travers le monde. À Pointe-Noire, l’édition 2024 a revêtu une tonalité particulière : le thème « Vers un pacte éducatif mondial générateur d’espoir » a résonné comme une invitation à relier l’initiative pontificale du pape François aux réalités éducatives congolaises, marquées par une croissance démographique scolaire soutenue et…
Une appellation héritée du fleuve Congo et de son bassin légendaire Prononcer le mot « Congo » suffit à convoquer les images du deuxième plus grand fleuve d’Afrique, de forêts équatoriales aux nuances d’émeraude et d’un écosystème dont la science continue à mesurer la valeur planétaire. Long de 4 700 kilomètres, le cours d’eau serpente comme une épine dorsale hydrologique au cœur du continent et irrigue un bassin aussi vaste que l’Europe centrale. Cette puissance fluviale, baptisée par les navigateurs portugais au XVe siècle, a rapidement donné son nom aux terres qu’elle traverse, tissant un récit où nature et culture…
Mobilisés dans la paix, une devise à la résonance contemporaine Le choix d’un slogan n’est jamais neutre ; il façonne l’imaginaire collectif et détermine le ton de la commémoration. En retenant la formule « Mobilisés dans la paix, ensemble poursuivons la marche du développement », les autorités congolaises entendent conjuguer mémoire et projection. La paix y apparaît comme la condition sine qua non du progrès, rappelant que chaque avancée économique, sociale ou culturelle se nourrit d’un climat serein. À Brazzaville, plusieurs observateurs notent que la jeunesse, dont plus de 60 % ont moins de trente-cinq ans, constitue le premier réceptacle…
Une célébration enracinée dans l’histoire contemporaine Depuis 1960, la date du 15 août constitue un repère cardinal dans la mémoire collective congolaise. L’édition 2025, marquant six décennies et demie de souveraineté, s’annonce sous le signe du renouvellement symbolique. Le gouvernement, par la voix du comité national d’organisation, a dévoilé dès le mois d’avril les attributs visuels et thématiques qui donneront le ton aux festivités. L’annonce, relayée par les grands médias publics, entend inscrire la préparation dans une temporalité longue, gage de mobilisation efficace. Le président Denis Sassou Nguesso, garant de la continuité républicaine, a rappelé que « chaque anniversaire de…
Brazzaville au diapason de la Libération rwandaise Le hall feutré de l’hôtel Hilton des Tours Jumelles s’est transformé, le 4 juillet, en un véritable carrefour de mémoires africaines. Drapés de rouge, de vert et de bleu, les salons ont résonné des accords d’un orchestre mêlant instruments traditionnels congolais et tambours intore. Officiels, diplomates et universitaires, à l’invitation de l’ambassade du Rwanda, ont célébré le trente-et-unième anniversaire de Kwibohora, terme kinyarwanda désignant la Libération. Présent au nom du gouvernement congolais, le ministre des Affaires étrangères Jean-Claude Gakosso a salué « la profondeur historique d’un événement qui rappelle la capacité des peuples…