Auteur/autrice : Makaya Mabiala
Un mécanisme d’allègement de dette devenu levier de développement Négociés dans la foulée de l’Initiative en faveur des pays pauvres très endettés, les Contrats de désendettement et de développement illustrent une forme contemporaine de diplomatie financière. En convertissant des arriérés souverains en dons affectés à des projets, Paris et Brazzaville transforment la contrainte budgétaire initiale en opportunité d’investissement. Le premier accord, conclu en 2010 pour 80 millions d’euros, et le second, signé fin 2014 pour 149 millions, portent aujourd’hui l’enveloppe globale à 229 millions d’euros, soit 150,2 milliards de francs CFA au cours moyen observé sur la période. Aux yeux…
Un retournement inéluctable de matrice économique Chaque baril extrait au large de Djéno rappelle au Congo son rang envié de quatrième producteur subsaharien. Pourtant, dans les salons feutrés de l’Hôtel Pefaco, les 10 et 11 juillet 2025, la Rencontre pour la paix et les droits de l’homme (RPDH) a convoqué un sujet moins confortable : le monde d’après-pétrole. La table-ronde, placée sous l’égide du ministère de l’Environnement, a réuni hauts fonctionnaires, opérateurs privés, chercheurs et représentants communautaires pour questionner la soutenabilité d’un modèle bâti sur l’or noir. L’objectif affiché consistait à faire converger analyses macroéconomiques et témoignages de terrain afin…
Brazzaville mise sur la conversion de la dette À huit heures précises, le 10 juillet 2025, les salons feutrés du Radisson Blu ont accueilli la huitième session du Comité d’orientation et de suivi du Contrat de désendettement et de développement. Autour de la table, la délégation congolaise conduite par le ministre des Finances Christian Yoka et la partie française dirigée par l’ambassadrice Claire Bodonyi ont dressé un état des lieux d’un dispositif très particulier : transformer la dette bilatérale en investissements concrets. Deux C2d successifs totalisant 229 millions d’euros, soit 150,2 milliards de francs CFA, sont désormais entièrement engagés et…
Au cœur des chiffres : 66,401 dollars le baril Réunis à Pointe-Noire du 10 au 12 juillet, les experts du ministère des Hydrocarbures et les représentants des sociétés opératrices ont fixé le prix moyen trimestriel des hydrocarbures congolais à 66,401 dollars le baril pour le deuxième trimestre 2025. Ce chiffre, établi sous la présidence du ministre Bruno Jean Richard Itoua, résulte d’un arbitrage minutieux entre les cotations des grades Djeno, Nkossa et Yombo, pondérées par les volumes produits. Il reflète la capacité du Congo-Brazzaville à maintenir une valorisation compétitive de sa ressource malgré une conjoncture internationale marquée par la volatilité…
Un positionnement géostratégique au cœur de l’Afrique centrale Lovée de part et d’autre de l’équateur, la République du Congo déroule un corridor de 342 000 km² bordé par le Gabon, le Cameroun, la République centrafricaine, l’Angola (enclave de Cabinda) et la République démocratique du Congo. Sa façade atlantique, certes brève – à peine 170 km –, ouvre pourtant une fenêtre stratégique sur les grandes routes maritimes. Brazzaville, capitale installée sur la rive droite du fleuve Congo face à Kinshasa, compose un binôme urbain unique au monde : deux capitales séparées par un simple cours d’eau de 4 km, mais unies…
Héritages précoloniaux et trajectoires institutionnelles Avant même que Pierre Savorgnan de Brazza ne sillonne l’Ogooué et ne donne son nom à l’actuelle capitale, la mosaïque territoriale congolaise abritait des entités structurées telles que les royaumes de Loango, du Kongo et Tio. Le commerce régional, fondé sur le sel, le cuivre et la noix de cola, dessinait déjà des réseaux d’influence denses, préfigurant l’esprit d’ouverture du pays. À la faveur du second empire colonial français, ces formations politiques sont intégrées dans l’Afrique équatoriale française, créant de nouvelles lignes administratives qui, en 1960, deviendront les frontières de la République du Congo. L’indépendance…
Cap géostratégique sur l’Atlantique et le grand fleuve Installée à la lisière du golfe de Guinée, traversée du nord au sud par le majestueux fleuve Congo, la République du Congo dispose d’un positionnement qui conjugue ouverture maritime, couloir fluvial et frontière forestière. Brazzaville et Pointe-Noire, respectivement capitale politique et capitale économique, concentrent l’essentiel d’une population estimée à un peu plus de six millions d’habitants, tout en demeurant les têtes de pont d’un arrière-pays riche en biomasse et en ressources hydriques. Entre les plaines littorales baignées par l’Atlantique et l’immense couvert tropical du Nord, le territoire présente un gradient climatique où…
Les chiffres officiels d’un trimestre sous tension énergétique Durant trois jours rythmés par des séances de travail intensives, le ministre des Hydrocarbures, Bruno Jean Richard Itoua, a dévoilé à Pointe-Noire la grille tarifaire des bruts congolais pour le deuxième trimestre 2025. Selon les données consolidées, le panier moyen ressort à 66,401 dollars par baril, avec un différentiel de –0,668 dollar par rapport au Brent daté. Derrière cette moyenne se cache une vaste diversité de qualités : le Djeno Mélange se signale à 67,367 dollars, le Nkossa Blend à 66,408 dollars, tandis que le Yombo se positionne à 65,427 dollars. Sur le…
Un mécanisme financier devenu levier de croissance inclusive Institué en 2010, le Contrat de désendettement et de développement (C2D) traduit un partenariat singulier entre Brazzaville et Paris : chaque échéance de dette remboursée par l’État congolais est réaffectée, via l’Agence française de développement, à des programmes nationaux. Après deux phases successives totalisant 229 millions d’euros, le dispositif a financé treize projets et deux fonds d’études, faisant du réaménagement de la dette un instrument de relance plutôt qu’une simple contrainte budgétaire. Au terme de la huitième réunion ordinaire du Comité d’orientation et de suivi, coprésidée par le ministre des Finances Christian…
Du baril aux kilowatts : un chantier stratégique À l’heure où le baril reste l’épine dorsale des recettes d’exportation, les contours d’une économie congolaise affranchie de la rente pétrolière suscitent un débat de plus en plus argumenté. Les 10 et 11 juillet, une table ronde placée sous l’égide du projet Préparer l’après-pétrole au Congo a réuni dans la capitale des universitaires, des responsables d’administrations et des représentants de la société civile. L’objectif explicite était de conjuguer la transition énergétique, pour l’heure inscrite dans les textes, avec une gouvernance apte à transformer la promesse en leviers tangibles de croissance inclusive. Le…