Auteur/autrice : Makaya Mabiala
Héritage historique et stabilité institutionnelle Plus de six décennies après l’accession à la souveraineté, la République du Congo continue de structurer son récit national autour d’une donnée cardinale : la quête d’un équilibre politique garant de la cohésion sociale. Les mutations idéologiques, de l’option marxiste des premières années à l’ouverture pluraliste amorcée dans les années 1990, ont consolidé un socle institutionnel dont la constance constitue aujourd’hui un facteur d’attractivité pour les investisseurs. « La prévisibilité des règles du jeu rassure les opérateurs », assure un conseiller économique du gouvernement, soulignant l’importance accordée par l’exécutif à la consolidation de la paix…
Un contexte international sous tension énergétique Rareté du brut sur certains marchés, tensions géopolitiques liées à la mer Noire, volatilité quasi chronique des prix : depuis deux ans, la planète hydrocarbures évolue dans une zone de turbulences. Les grands producteurs africains, à l’image du Congo-Brazzaville, jonglent entre obligations domestiques et opportunités d’exportation, tandis que la demande interne, portée par l’urbanisation fulgurante et l’essor du transport individuel, ne cesse de croître. Pour de nombreux foyers brazzavillois, la moindre rupture de stock se traduit par des files d’attente interminables et une hausse des coûts de mobilité. L’épisode de pénurie enregistré au premier…
Un vote parlementaire révélateur d’une confiance macroéconomique Le 25 juin 2025, l’hémicycle de Brazzaville a approuvé, à une large majorité, le financement de 70,6 millions d’euros proposé par le Groupe de la Banque mondiale dans le cadre de la troisième opération de soutien aux politiques de développement. En scellant ce partenariat financier, les députés ont validé un instrument alliant crédit IDA à taux concessionnel – 53,9 millions d’euros – et don – 16,7 millions d’euros –, témoignant d’une confiance accrue des bailleurs dans la trajectoire économique du pays. Au-delà du seul montant, le caractère programmatique de cette enveloppe marque une…
Une géographie qui façonne les ambitions collectives S’étirant de l’Atlantique aux savanes du Plateau des Batéké, le Congo-Brazzaville occupe une position charnière au cœur de l’Afrique centrale, exactement sur l’équateur. Ses onze millions d’hectares de forêt dense, souvent qualifiée de “deuxième poumon du monde”, lui confèrent un capital écologique dont la valeur ne cesse de croître à l’heure des marchés du carbone. À l’opposé, les plaines méridionales ouvertes sur le fleuve Kouilou offrent un terroir fertile où bananeraies et champs d’arachide côtoient des forages pétroliers. Cette juxtaposition de biomes, unique dans la sous-région, explique à la fois la richesse potentielle…
Un calendrier qui s’accélère au nord de la Sangha Annoncée officiellement en mai 2024, la mise en exploitation du complexe minier transfrontalier Mbalam-Nabeba progresse à un rythme que les observateurs jugent remarquable. À Brazzaville, le 4 juillet dernier, le ministre d’État en charge des Industries minières, Pierre Oba, a confirmé, aux côtés de la délégation Sangha-Mining et du financier Bestway, que la première coulée de minerai est désormais attendue pour décembre. Cette avance de plusieurs mois sur le calendrier initial traduit, selon les responsables du projet, la mobilisation méthodique des équipes techniques et la fluidité des échanges entre administrations congolaise…
Aux sources d’une mobilisation inédite Dans la vaste salle de la mairie de Ouenzé, un parfum d’optimisme lucide flottait le 15 juin 2025. Les jeunes originaires du district de Mbon, rassemblés sous la bannière de l’Association jeunesse unie du district de Mbon pour le développement, ont décidé d’inscrire leur commune natale à l’agenda des priorités nationales. La date n’a rien d’anodin : elle marque cinq ans d’efforts discrets entre réunions virtuelles et collectes de données sur le terrain. Leur conférence, intitulée « Jeunesse du district de Mbon face aux enjeux du développement local », apparaît comme le premier acte public…
Vers une souveraineté numérique nourrie par l’afrofuturisme responsable L’enthousiasme qui entoure l’intelligence artificielle sur les rives du fleuve Congo n’a rien d’un effet de mode. Il s’enracine dans une vision plus large, celle d’un afrofuturisme responsable qui promeut l’appropriation des technologies de rupture pour répondre aux priorités nationales. Dans les couloirs de l’Université Denis-Sassou-Nguesso de Kintélé, les discussions entre étudiants en data science et chercheurs en anthropologie soulignent la même conviction : les algorithmes n’ont de sens que s’ils dialoguent avec les réalités linguistiques, culturelles et environnementales du territoire. Cette quête d’une souveraineté numérique, saluée par plusieurs experts du Conseil…
Brazzaville mise sur la diplomatie économique pour rayonner À l’heure où l’économie mondiale se réorganise autour de blocs linguistiques et culturels, la diplomatie économique congolaise affiche un pragmatisme assumé. L’annonce, par le Dr Jean-Daniel Ovaga, de la tenue à Brazzaville de la septième édition du Forum international des entreprises francophones (FIEF) illustre cette stratégie d’influence. En participant, fin mai 2025, à la précédente édition d’Abidjan, le président du Conseil d’administration de l’Union nationale des opérateurs économiques du Congo (UNOC) a su capter l’attention du Groupement du patronat francophone (GPF) et convaincre ses pairs de la pertinence d’un détour par les…
Brazzaville, carrefour d’avenirs possibles Lorsque l’on aborde la République du Congo, le premier cliché qui surgit évoque souvent les méandres du fleuve éponyme séparant Brazzaville de Kinshasa. Pourtant, la capitale congolaise rayonne bien au-delà de cette carte postale aquatique. Centre administratif, poumon commercial et laboratoire d’innovations culturelles, la ville fondée en 1880 par Pierre Savorgnan de Brazza s’impose aujourd’hui comme un véritable nœud logistique continental. Avec une croissance démographique portée par une population dont plus de 60 % a moins de trente-cinq ans (Institut national de la statistique, 2023), Brazzaville cristallise les attentes d’une génération engagée dans la modernisation numérique,…
Un souffle nouveau pour le pavillon national Brazzaville vibre à nouveau au son des réacteurs d’Equatorial Congo Airlines. La compagnie, portée par l’actionnariat public et une volonté affirmée de modernisation, a officiellement repris ses dessertes régionales vers Libreville, Douala et Yaoundé. Selon le communiqué diffusé à l’issue du premier vol, cette reprise marque « une étape décisive dans la consolidation du pavillon national et dans la promotion de la mobilité inter-africaine ». Derrière la formule diplomatique se lit la ferme intention de replacer le Congo sur la carte de l’aviation civile, un secteur considéré comme vecteur d’influence et de croissance…